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François-Olivier TOUATI (dir.), Archéologie et architecture hospitalières de l'Antiquité tardive à l'aube des Temps modernes

 

format 15,5x24 cm, 437 pages, ISBN 2-910828-31-X, 29 euros
© Boutique de l'Histoire éditions, 2004

Introduction

Table des matières

 Alors que depuis une vingtaine d'années l'histoire de l'assistance, de la médecine et des malades fait l'objet d'approches renouvelées, l'histoire du cadre hospitalier, avant les grandes constructions du XVIIe siècle, reste un domaine loin d'avoir été systématiquement parcouru. A côté de l'étude et de la mise en valeur de vestiges prestigieux (Hôtel-Dieu de Tonnerre, Hospices de Beaune, Hospice-Comtesse à Lille, Grand Hôpital de Norwich en Angleterre, ou encore Santa Maria della Scala à Sienne...), les recherches menées de façon isolée appellent aujourd'hui une large confrontation susceptible de conduire à une vision plus nette, à une réévaluation des problématiques, à l'établissement d'enquêtes programmées et à une sensibilisation accrue des historiens, des archéologues comme du plus large public à l'égard d'un patrimoine souvent diffus et méconnu..

À quelles réalités matérielles répond la floraison hospitalière médiévale, sous quelles formes et suivant quelles chronologies ? Pour quels hôtes, pèlerins, lépreux, infirmes, enfants ou accouchées, et selon quel niveau de diagnostic?

Du Proche-Orient paléochrétien au Portugal, de Champagne en Flandre ou en Normandie, passant par le Val-de-Loire, le Languedoc ou la Bourgogne, c'est à une appréciation d'ensemble, appuyée sur des exemples variés présentés lors d'une rencontre internationale à l'Université de Paris XII, que cet ouvrage voudrait contribuer, examinant les diverses solutions mises en place durant le long Moyen Âge et structurant davantage, au-delà des différentes approches et méthodes requises, le champ d'étude à explorer. L'hôpita l: une mesure des civilisations.

Auteurs :

Denis BOUGAULT, Médecin, chercheur au Laboratoire d'anthropologie de la Faculté de Médecine de Caen
Nicole BROCARD, Maître de Conférences à l'Université de Besançon
François BLARY, Conservateur territorial du Patrimoine (Château-Thierry)
Claude COLLU, Infirmier psychiatrique au Centre hospitalier de Montauban
Alain GIRARD, Conservateur des Antiquités et Objets d'art du Gard
Vincent GRÉGOIRE, Archéologue à l'I.N.R.A.P.
Mark GUILLON, Anthropologue à l'I.N.R.A.P., chargé de cours à l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)
Damien JEANNE, Professeur d'Histoire-Géographie (Caen), doctorant à l'Université de Paris X (Nanterre)
Pascal JOYEUX, Chargé d'opération et de recherche à l'I.N.R.A.P.
Pierre JUGIE, Chargé de recherches au C.N.R.S. (I.R.H.T., Orléans)
Daniel LE BLÉVEC, Professeur à l'Université Paul-Valéry (Montpellier III)
Claire MABIRE LA CAILLE, Maître de Conférences à l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)
Denise PÉRICARD-MÉA, Chercheur associé au Laboratoire de Médiévistique occidentale (C.N.R.S.lUniversité de Paris 1)
Stéphane RÉVILLION, Conservateur du Patrimoine (Service régional de l'Archéologie du Nord-Pas-de-Calais)
Maria de Lurdes ROSA, Assistante à l'Université Nouvelle de Lisbonne
Olivier RUFFIER, Ingénieur d'étude au Service régional de l'Archéologie de la région Centre
Didier SÉCULA, Doctorant à l'Université de Paris IV (Sorbonne)
Catherine THIRARD, Chargée de cours à l'Université Louis - Lumière (Lyon II)
François-Olivier TOUATI, Professeur à l'Université François-Rabelais (Tours) 

 

 

 

Introduction

 

À parcourir les manuels ou les sommes classiques d'histoire de l'art, de l'architecture ou d'archéologie, à commencer par les découvreurs - pour ne s'en tenir qu'aux seuls français, ceux d'Arcisse de Caumont (1853), de Verdier et Cattois (1857), d'Eugène Viollet-Le-Duc (1863), bientôt suivis de Casimir Tollet (1892) ou de Camille Enlart (1926) - jusqu'aux plus récents ouvrages, on ne peut qu'être frappé du caractère sommaire, et partant, schématique, des pages consacrées aux édifices hospitaliers médiévaux. Volontiers apprécié comme spectaculaire, voire révolutionnaire, par l'ampleur quantitative inédite de ses institutions d'assistance, le Moyen Âge hospitalier est resté jusqu'à l'orée des années 60 un domaine d'étude fragmenté, ponctuel, avant d'être depuis lors réinvesti par le biais de l'histoire sociale, démographique et juridique, religieuse, économique, voire pour une partie moins convaincante, médicale. Des recherches importantes ont abouti cette dernière décennie à une perception renouvelée par des études de plus large échelle.
 Curieusement, ce dynamisme semble n'avoir que très faiblement touché la connaissance du cadre matériel hospitalier et moins encore - à de notables mais rares exceptions évoquées plus loin - l'approche concrète de ce cadre qui relève quant à elle de méthodes d'investigation plus spécifiquement archéologiques.
 Il convient peut-être, avant d'énoncer quelques-unes des questions en suspens à ce sujet, au cour de l'histoire des hôpitaux médiévaux, de s'interroger sur ce décalage et ses implications historiographiques, donc scientifiques : à quels obstacles semble se heurter notre connaissance des réalités matérielles et qu'espérer de leur franchissement ?

Quel bilan exploratoire ?

" L'histoire de l'hôpital en Europe et l'histoire de son architecture sont des domaines qui jusqu'ici n'ont pas été explorés ". Évidemment outrancière, cette préface au livre de Dankwart Leistikow sur Dix siècles d'architecture hospitalière en Europe publié en Allemagne en 1967, un an après la magistrale synthèse d'histoire hospitalière allemande de Dieter Jetter n'en n'était pas moins symptômatique. Car force est de constater, quel qu'en soit l'étonnement, l'indigence commune à ce sujet telle que la révélait un article que l'on aurait espéré fondateur paru la même année dans Archeologia sous la plume de Bertrand Gille sur " L'hôpital au Moyen Âge ". Le domaine aurait-il à ce point été négligé ou ignoré ? Sans attendre l'élargissement prôné par Marc Bloch à l'égard des données de l'histoire matérielle, il suffit de se pencher sur les travaux érudits du XIXe siècle pour reconnaître l'intérêt des savants locaux (amateurs éclairés, médecins, curés, archivistes, instituteurs, républicains, socialistes ou catholiques mêlés) envers les institutions de charité ou de bienfaisance de leur bourgade : ils livrent au gré d'une myriade de bulletins, statistiques, notices, des témoignages descriptifs des plus précieux quant aux vestiges observés, n'hésitant pas à entreprendre excavations ou reconnaissance des structures cimétériales ou bâties. On peut ainsi relever dans le seul quart nord-ouest de la France plus d'une dizaine de sites hospitaliers disparus, fouillés ou sondés au XIXe siècle : les léproseries de Dieppe, Chartres, Châteaudun, Vendôme, Louviers par exemple, tandis que le chirurgien Broca s'adonnait à l'examen de squelettes découverts près de Saint-Lazare de Paris lors de sa démolition.
Ainsi, dès les années trente, la masse des informations recueillies à l'échelle de l'Europe se trouvait disponible pour autoriser quelques tentatives de synthèse : pour la Grande-Bretagne, après la considérable collecte des données archivistiques par William Dugdale en 1830 , l'identification sans précédent et la localisation des sites hospitaliers par Arthur J. Sympson dans ses Archaeological Essays en 1872 - singulièrement ignoré des publications britanniques les plus récentes - suivi de Rotha Mary Clay en 1909 et Charles Mercier en 1912 avaient ouvert la voie à une exploration systématique. Möller-Christensen au Danemark entreprenait l'exploration d'inhumations médiévales avant la première fouille d'une léproserie à Naestved et l'examen ostéologique de sa population cimétériale  ; Siegfried Reicke en Allemagne, Nasalli Rocca en Italie, bientôt rejoints par Jean Imbert en France n'abordaient en revanche la question qu'incidemment, préférant l'approche institutionnelle et juridique. Par ailleurs capitales, ces études esquivaient pratiquement toute analyse de topographie historique ou de morphologie du bâti même si elles utilisaient une partie du travail archivistique des prédécesseurs. Vaste dépression, donc, quant à l'exploitation de cette part des gisements savants exhumés au XIXe siècle, difficultés à rassembler leurs résultats émiettés : au mieux quelques illustrations de sites monumentaux, leur insertion fugace dans quelque monographie monumentale et touristique, au pire quelques fantasmes tels ceux d'Édouard Jeanselme en 1934, dans son Histoire de la lèpre, qui, s'il n'hésitait pas à aborder brièvement la question des sites et aménagements des léproseries, justifiait par exemple de manière totalement incongrue l'édification de la chaire extérieure de l'église de Guérande comme destinée aux lépreux.
 Depuis bientôt quarante ans, un renouvellement sans pareil a affecté l'histoire hospitalière sous l'impulsion de grands pionniers : Jean Imbert, Michel Mollat, Adalberto Pazzini en Italie, Fernando da Silva Correia au Portugal, Paul Bonnenfant en Belgique notamment. Soutenu et relayé par la création concomitante de sociétés savantes, au premier rang desquelles il convient de citer la Société française d'histoire des hôpitaux, ce mouvement fécond quant à la connaissance des mécanismes de l'assistance, de son économie, de sa conception ou des attentes qu'elle a pu manifester, de sa fonction et de sa place dans les sociétés médiévales, s'est conjugué avec bonheur à l'essor des autres secteurs ou disciplines historiques. Tous sauf un : celui de l'archéologie, de la reconnaissance des vestiges matériels de tout ordre à commencer par l'analyse des constructions, de leurs modèles, influences, attributions et évolutions. Une simple pesée quantitative donnera une idée de cette lacune. Une évaluation statistique sommaire, à partir du relevé des opérations archéologiques fourni tant par le Centre de Recherches archéologiques médiévales (Université de Caen-CNRS) et sa revue Archéologie médiévale que par l'Annuaire du Centre national d'archéologie urbaine, révèle pour la dernière décennie une moyenne croissante annuelle de 400 interventions de terrain pour toute la France : tout au plus cinq par an ont concerné un site hospitalier. Plus inquiétantes encore sont les conditions d'intervention : à peine plus de 10 semaines-fouilleur par site (à l'exception de celui de Tonnerre) et quasiment aucune publication exhaustive des résultats. Un simple recul en amont de cette observation, à partir de 1970, ferait chuter ces maigres statistiques dans les abysses.
Comment expliquer cette part minime d'investigation des données matérielles ? D'abord, jusqu'à une période récente, par la situation même de l'exercice archéologique notamment mais pas exclusivement en France, par la trop grande distance de nombre de ses praticiens et de ses décideurs à l'actualité des problématiques historiques et des informations archivistiques, et, à quelques exceptions près, par la faible, pour ne pas dire inexistante communication avec les historiens. L'incessante sollicitation d'urgence ou de soi-disant " sauvetage " exige une polyvalence toute théorique des personnels ; elle les conduit sans répit suffisant à l'énoncé des résultats, et sans transition des fonds de cabane de la Tène aux égouts ou aux casernes du XIXe siècle. Enfin, ne faut-il pas s'étonner de l'inclination quasi-obsessionnelle vers certains types de sites, villa romaine ou motte féodale dont le moins que l'on puisse dire - hormis l'emmottement à la fois exceptionnel et bien banal d'un palais carolingien (à Doué-la-Fontaine) - c'est que les moyens engloutis sont loin d'avoir bouleversé la vision acquise par Fustel de Coulanges (1830-1889) ? La structuration déficiente d'un corps professionnel et l'absence de prospective scientifiquement concertée et coordonnée rejaillissent donc sur un champ entier de l'historiographie. L'hommage qui doit être rendu à une poignée d'irréductibles revient, dans ces conditions, à saluer une clairvoyance manifestée lors de sollicitations la plupart du temps fortuites. Les circonstances sont toutefois devenues aujourd'hui plus favorables : comme le note Miri Rubin, dans un des plus récents bilans sur le développement hospitalier en Angleterre entre 1100 et 1500, la mise en place de programmes de recherches consacrés à l'histoire urbaine, assorti de la création récente au sein des grandes villes de services municipaux spécialisés ouvre une série d'opportunités à saisir.

Généralement regardée avec fascination par les chercheurs français, la situation au-delà du Rhin ou de la Manche serait-elle plus enviable ? Un démenti formel se doit d'être porté : guère plus d'interventions de terrain mais une nuance, la programmation de fouilles, accompagnée d'analyses détaillées et de publications soignées, d'expositions et de confrontations scientifiques. L'intérêt déjà ancien pour les constructions de toute taille encore observables et leur valorisation, particulièrement en Angleterre, diffère également. Dans toute l'Europe post-moderne, l'extension dévorante des périphéries citadines vouées aux lotissements pavillonnaires, aux implantations industrielles et commerciales à grande échelle, aux infrastructures de transport qu'elles entraînent, va de pair avec les politiques de réhabilitation des centres anciens et de valorisation touristiquement attractive : les sites hospitaliers médiévaux ressortissent à l'une et l'autre zones. Après avoir longtemps fait peu de cas de vestiges souvent noyés dans la banalité environnante, le besoin de repères visuels mais aussi historiquement identitaires, l'essor de la demande d'espaces collectifs et muséographiques se sont parfois conjugués, en des cas pour le moment exceptionnels qui privilégient la monumentalité ou le goût de l'antiquaire.
 Cette faiblesse des observations concrètes contraste face à la qualité des acquis obtenus pour les périodes postérieures au Moyen Âge dont les vestiges visibles et les archives fournissent un accès plus immédiat. Ce phénomène n'a pas été sans multiples incidences enchaînées les unes aux autres. Comme toute lacune, la faiblesse apparente des données disponibles a réduit l'historien au silence, à l'attentisme prometteur, à l'allusion, l'esquive ou la généralisation abusive, axée sur quelques schémas-types fondés sur les plus spectaculaires constructions monumentales encore en place : l'hôtel-Dieu de Tonnerre, l'Hospice de Beaune - intégrant ses remaniements anachroniques, démontrés par Didier Sécula et Pierre Jugie - ou l'hôpital Saint-Jean de Bruges, entre autres, ont pu servir de modèles polarisateurs au risque d'occulter une réalité historique jamais mise à jour. Les exemples de ces diverses attitudes parsèment les travaux de recherche hospitalière : un questionnaire d'enquête comme celui élaboré en 1974 par Marcel Candille en vue de contribuer à " un précis d'histoire des institutions charitables " ou celui du Congrès des sociétés historiques et scientifiques réuni à Nice en 1996 sur ces mêmes fondations d'assistance ne comportent pas une ligne sur la morphologie ni sur les caractères de leurs constructions. À peine Michel Mollat réserve-t-il quelques pages de sa contribution à l'Histoire des Hôpitaux en France (1982) à ce qu'il dénomme prudemment " silhouettes d'hôpitaux ". À sa suite, c'est sous l'angle exclusif de la capacité d'accueil et du confort qu'Annie Saunier aborde seulement l'étude de quatre bâtiments hospitaliers classiques en quelques pages de son ouvrage sur Le pauvre malade dans le cadre hospitalier médiéval (1993). Cadre ? Quel cadre ? Rien de plus de la part de Chiara Crisciani et Jole Agrimi qui reprennent plus récemment tous les clichés habituels. Réserve ou inhibition ? On reste songeur à la lecture des nombreuses monographies publiées ces vingt dernières années en Allemagne, en Belgique et jusqu'aux synthèses par ailleurs excellentes fournies il y a peu en Angleterre : elles produisent force photographies des édifices en place, planches anciennes, restitutions minutieuses telles celles encore proposées par Alain Saint-Denis pour les états successifs de l'hôpital de Laon aux XIIe et XIIIe siècles, tant en plan qu'en élévation sans qu'en aucun cas, ces documents " prétextes ", au mieux illustratifs, ne servent de support à la moindre comparaison ou tentative de compréhension de l'évolution des formes, styles, fonctions ou partis retenus. Ni ne suscitent interrogation.
 Un correctif positif doit toutefois être avancé. Le repli des investigations vers deux directions complémentaires : la reconnaissance ou l'inventaire des établissements ainsi que la réalisation précise de topographies hospitalières. Repérer, identifier : recourant à la totalité des types de documents, d'abord écrits, brassant la masse des sources disponibles, renouant avec le legs érudit ancien et la toponymie, cette étape s'avère en bonne méthode être le préalable indispensable à toute prospection sur le terrain, en quête de traces que l'information écrite est souvent loin de dépeindre. Visant à une cartographie exhaustive des localisations, à un affinement des chronologies par l'enregistrement des dates d'apparition documentaire, les résultats obtenus sont notables même s'il reste à espérer le regroupement de ces acquis dans des atlas uniformisés, même si toutes les régions d'Europe et toutes les formes d'assistance sont loin d'être couvertes. Une meilleure appréciation de l'ampleur hospitalière, de sa nature, de ses rythmes de création, de sa distribution et de son insertion dans le tissu de l'habitat, apporte un éclairage neuf. Elle pose la question des réseaux hospitaliers, des niveaux d'équipement régionaux : elle est aussi un tremplin vers la démographie historique. Cette recherche permet également la redécouverte d'édifices ou de sites menacés et aboutit souvent à une image inattendue du patrimoine hospitalier. Surprenante est à cet égard la réaction cristallisée autour de ces bâtiments retrouvés et la mémoire qu'ils véhiculent. Après la complète restauration du site de la léproserie de Norwich ou celle de Melaten, près d'Aix-La-Chapelle, le cas de Saint-Lazare d'Angers est exemplaire : les réticences manifestées à l'origine par les édiles tiennent aussi pour une bonne part aux déficiences historiographiques constatées. L'ambition d'une première rencontre scientifique en France autour des problèmes que posent aujourd'hui l'archéologie et l'architecture hospitalières médiévales est aussi de contribuer à éclairer les politiques de sauvegarde.

Quelques orientations de recherche

Espaces, formes, aménagements, fonctions, décors, matériaux et jusqu'aux pensionnaires eux-mêmes : chacun de ces points nécessite investigation, observation, comparaison, à commencer par la question première du repérage des sites hospitaliers.
 Du Hanovre à la Bavière, d'Irlande, en passant par le Norfolk, Londres et le Kent, à Valladolid ou Avignon , il n'est pratiquement plus de monographies urbaines ou régionales qui ne livre sa carte des implantations hospitalières, du moins à partir du XIe siècle. Toutefois, l'identification et la localisation des établissements reste encore loin d'être achevée. La tâche est urgente car à côté d'ensembles monumentaux dont la préservation s'avère déjà difficile, l'apparente insignifiance de certaines constructions menace chaque jour davantage leur éventuelle sauvegarde et par conséquent la base même de l'information : que ce soit au centre des agglomérations où s'exerce puissamment la pression foncière ou en périphérie urbaine en connection directe avec la voirie et les transformations dues aux aménagements routiers ou industriels.
Les vicissitudes conjoncturelles ayant affecté les bâtiments hospitaliers ne sont pas récentes : transferts dont les conditions restent à préciser (saturation de l'espace environnant ou des capacités d'accueil, perception variable de l'insalubrité), incendies comme à Blois, dès le XIIIe siècle, ou à Bourges en 1487, plus tard à Paris en 1772, déprédations imputables au désastre des guerres dès les XIVe-XVe siècles, démolitions pures et simples (à Chartres, Caen, Paris etc.), réaffectations et recouvrements notamment en ce qui concerne les léproseries, entrepris à grande échelle comme en France lors de la création au XVIIe siècle des hôpitaux généraux, dégagements archéologiques manqués et donc perte irrémédiable des données comme à Paris avec l'hôtel-Dieu ou Saint-Lazare. La permanence des institutions sur place, continuant à fonctionner comme hôpitaux, maisons de retraite, centres de réadaptation, ne les protège pas davantage. Partant des dernières enquêtes, on peut évaluer actuellement à 10% environ le nombre de sites conservant quelques éléments visibles du bâti ou livrant une représentation imagée ne fût-ce que par la fossilisation du parcellaire ; moins en Allemagne, Belgique, Espagne, davantage en Grande-Bretagne.
Ce repérage est lourd à effectuer. Il concerne un semis diffus d'établissements et, à défaut d'archive spécifique, nécessite la consultation documentaire la plus large : bien rares au Moyen Âge sont les comptes-rendus de visites à de telles communautés comme dans le diocèse de Paris en 1351  ! L'inventaire ainsi constitué permet non seulement d'apprécier les densités d'infrastructures et leur chronologie mais devient encore à son tour un instrument d'interprétation historique lorsqu'il s'agit de déterminer les relations de la situation hospitalière avec son environnement, une réalité qui éclaire tout autant le statut du malade que l'économie ou l'organisation des institutions. Combien, où et quand, par conséquent et quels choix d'installation selon quels critères ? Site de pont, de passage, de cours d'eau, de marché, de centre-ville, de défense, d'exploitation rurale directe, jumelé ou intégré à des complexes de nature complémentaire (groupes ecclésiaux ou cathédraux, monastiques, confrériaux, communaux .), occupation nouvelle ou remplacement d'implantation antérieure ? Une typologie mériterait d'être posée susceptible de déterminer jusqu'au parti retenu pour les formes du bâti.
Répertorier les solutions architecturales employées : quelles spécificités morphologiques ces structures matérielles collectives et voulues pour fixes présentent-elles ? Quelles en sont les origines ? Faudra-t-il longtemps continuer d'admettre - comme y souscrit l'historiographie classique - l'absence de tout asile d'accueil dans les civilisations antiques, attendant la diffusion du christianisme ? Les prescriptions de l'empereur Julien, il est vrai " apostat ", au milieu du IVe siècle ordonnant la construction d'hôpitaux dans chaque cité précèdent d'une génération les créations tenues pour inédites  : celles de saint Basile à Césarée (372), de Pammachius et Fabiola, amis de saint Jérôme, à Rome (397), suivies à Alexandrie, à Amasée du Pont, à Arles où un siècle plus tard l'évêque Césaire installe ses malades dans une " maison très spacieuse ", ou encore à Clermont où saint Priest fonde un xenodochium de vingt malades sous " la direction de médecins et d'hommes expérimentés ". En dehors des témoignages écrits ou des plans connus des valetudinaria militaires romains, les groupes complexes des bâtiments thermaux ou des asclépéia ont-ils été correctement sondés  ? Si l'on observe une continuité jusqu'au XIIe siècle des pratiques d'incubation auprès des sanctuaires , quelles filiations relient-elles les exemples précédents et les lieux d'accueil du haut Moyen Âge encore trop rarement identifiés ou difficilement identifiables - à Rouen ou au Mans notamment - au cour des ensembles épiscopaux ou en position d'ermitages ?
Étude des influences mutuelles et des modèles : ceux de l'Orient byzantin ou latin, ceux de l'espace musulman où la chronologie des fondations semble curieusement croiser celle du renouveau occidental (bimaristân al-Aloudi ou al-Nûri à Damas en 1154, à Alep, au Caire avec l'hôpital al-Salihi en 1182)  ; en Terre sainte et sur les routes de pèlerinage, gîtes d'étapes et d'accueil des malades en quête de guérison, auprès des grands sanctuaires, à Jérusalem par exemple ; constructions communautaires dans l'orbite monastique ou des ordres apparentés, celle des hospitaliers, celle des béguines comme on le voit encore tardivement dans la contiguité à la fois collective et individuelle des petites maisons-Dieu de la Boeveristraat de Bruges, annexes de l'hospice Saint-Julien, fort comparables à la structure de Sainte-Croix de Stradford-on-Avon ou de Saint-Jean-Baptiste de Lichfield, aux alignements si caractéristiques des conduits de cheminée extérieurs. Que doit par conséquent cette architecture à son environnement, du plus proche au plus lointain : plans, matériaux, techniques, distribution des espaces et des fonctions, circulation, élévation, réseaux d'assainissement, modénature ? Quelles distinctions peuvent-elles être faites d'autres réalisations contemporaines ? À l'inverse, quels rapprochements sont-ils justifiables en raisons de contraintes ou de modes de vie similaires : les béguinages déjà évoqués, les prieurés monastiques pour lesquels nombre de léproseries offrent une apparence voisine au point que certaines confusions ont été précocement effectuées (Thaon par Léchaudé d'Anisy en 1847 ou Le Tortoir par Eugène Viollet-Le-Duc), ou encore les ermitages de chartreux auxquels font parfois penser certaines structure, celles de la léproserie de Caen par exemple  ? Dans quelle mesure les règlements hospitaliers calqués sur des matrices semblables ont-ils " dicté " des partis architecturaux analogues ? Leurs granges, leurs chapelles présentent-elles des caractères particuliers, un style commun, un ou des partis qui, au-delà de la fonctionnalité, traduiraient une sensibilité propre ?
Emprunts, contamination ou quasi identité de formules hospitalières antérieurement éprouvées - vastes halles, par exemple - sont susceptibles de révéler des campagnes d'édifications homogènes. Ils mènent, par conséquent, à s'interroger sur le rôle des bâtisseurs et des décideurs : incitation ou participation plus directe des évêques comme, à la fin du XIe siècle, Lanfranc dans son diocèse de Canterbury ou Yves de Chartres dans une aire de rayonnement peut-être plus grande ? Nature et objectifs d'éventuelles politiques princières : campagnes d'édification d'Henri II dans le domaine Plantagenêt au XIIe siècle, par exemple ; action des Capétiens, Philippe Auguste surtout, avant saint Louis auquel on attribue depuis Joinville bien des créations là où il ne s'agit que de reconstructions pour autant essentielles de notre point de vue  ; place centrale de l'hôpital dans les grandes réalisations urbanistiques des ducs en Italie au XVe siècle et dans les projets (d'avant-garde ?) de leurs architectes (Filarete). Mise en ouvre du prestige et des rivalités évergétiques, de l'émulation aristocratique ou bourgeoise, conservatisme ou innovation ? Les variations dans le temps et l'espace mériteraient d'être mieux perçues en fonction des besoins ressentis, des moyens financiers disponibles, des regards sur les destinataires de ces établissements, des sensibilités qu'ils engendrent, des relations à d'autres aspects de l'occupation humaine (phases de lotissement, d'extension urbaine, d'aménagement défensif, de reconstruction). Ici encore l'esquisse d'une typologie permettrait de discerner ces facteurs variés, non exclusifs les uns des autres, et leurs évolutions.
C'est aussi aborder les critères susceptibles de définir la ou les réalité(s) de l'hospitale médiéval. Quelle acception en retenir ? La plus large ou indifférenciée de " lieu pieux " donnée par le droit canonique, englobant toute forme d'accueil ou de secours envers tout " pauvre " ou " infirme ", c'est-à-dire devant faire face à toute déficience de l'équilibre de vie, provisoire ou définitive - ce qui change singulièrement kes perspectives et met en évidence la variabilité des réalités et de leur perception ? Il conviendrait alors d'inclure à l'inventaire les collèges d'étudiants dont on sait que certains ont pu être hébergés par des hôtels-Dieu (à Paris ou à Bruxelles par exemple), et jusqu'aux Filles-Dieu dont le cadre d'installation échappe lui-aussi en grande partie. Esquisser une typologie en fonction des destinataires principaux ? On se conformerait ainsi davantage à la nomenclature orientale dressée par Justinien au VIe siècle et imitée de manière théorique par les Carolingiens, comme l'a montré Jean Imbert : xenodochia, ptochotrophia, nosocomia, orphanotrophia ou brephotrophia, et enfin gerontochomia. La " grille " serait peut-être à affiner suivant la fonction ou la spécialisation hospitalière qui se manifeste plus clairement aux XIIe et surtout XIIIe siècles : aveugleries, hospices de pèlerinage, léproseries, asiles de vieillesse, par opposition au caractère généraliste des aumôneries ou infirmeries. S'y ajouteraient, après les mesures de quarantaine instaurées à la fin du XIVe siècle, les asiles de peste. L'approche du vocabulaire médiéval, polysémique, appelle toute prudence : l'emploi d'un terme ne signifie pas forcément un genre d'accueil exclusif. La distribution des locaux d'un hôpital "généraliste" a pu tenir compte d'une différenciation de ses hôtes  (femmes en couche, vieillards, " donnés " ou simples affamés) et d'une répartition entre hommes, femmes et même enfants. Certains modes de vie, selon la durée du séjour provisoire ou définitif, ont aussi dicté une organisation de l'espace intégrant chapelle, dortoirs communs, logis de visiteurs et des personnels " soignants " à des bâtiments d'exploitation économique, de nature agricole ou commerciale (cellier, perron, foirail, grenier, grange, bergerie, étable, pressoir, basse-cour), sans oublier un enclos funéraire propre : c'est le cas, à échelle variable, des léproseries (à Beauvais, Sens, Vezelay, Montreuil ou Sées) dont la conception - du moins à l'origine - est proche de celle des communautés monastiques. Que dire également de la structure des heckdech et d'une façon plus large de l'assistance juive dans ses aspects matériels  ?
Critères de forme et de situation. On ne possède aujourd'hui aucune trace des constructions de bois (mansiunculæ, teguria, bordellum) comparables à certaines laures ou ermitages qui ont servi d'abris initiaux, pas seulement pour les groupes pionniers de lépreux, attendant la réalisation d'édifices en dur, et uniquement connus par les sources littéraires ou hagiographiques. Une chronologie plus fine du développement du bâti, de l'adoption des partis standards, du passage de l'hôpital-cloître à l'hôpital-église ou à l'hôpital-halle est également requise. Si l'hôpital est, selon l'adage "la seigneurie du pauvre", dans quelle mesure sa composition démarque-t-elle la structure des demeures seigneuriales (aula, camera, capella) ? Comment s'opère l'intégration à d'autres bâtiments d'usage séparé dans le cas d'une tutelle exercée par des institutions de nature différente : aumônerie monastique à bien distinguer de l'infirmerie des moines, porta, hospice canonial, épiscopal, hôpital de confrérie, échevinal ou consulaire ? Quelle spécificité est-il encore possible de reconnaître dans la réaffectation de bâtiments d'usage antérieurs, privés, comme c'est, entre autres, le cas à Lille ou à Seclin au milieu du XIIIe siècle avec les donations par les comtesses de Flandre de leurs propres résidences, ou à Montauban en 1373, avec la création d'un hospice dans une tour consulaire érigée au centre de la ville à 32 mètres de hauteur : hasard d'un transfert ou quête " sanitaire " d'élévation afin de profiter d'un air plus sain, et donc propice à la salubrité des malades comme l'établissent les Guides de santé à partir du XIIIe siècle  ?
 La distribution des locaux et leurs aménagements intérieurs, sujets à réadaptations fréquentes, échappent largement même si de précieux inventaires ou règlements écrits dévoilent leur existence : " salles ", infirmeries, logia, celliers, cuisines, boulangeries (et donc fours), lingeries, lavanderies ou panneteries, ouvroirs, galeries, salle de chapitre, bains, " aisements ", trésor, emplacements des éventuels lieux de culte ou de dévotions (autels, statues, retables, reliquaires) distribués au gré d'un partage entre les capacités de chacun ; logements du supérieur, du proviseur, des desservants, des différentes catégories de personnel, des familiers ; logement des malades ou des assistés ; chauffage (fixe ou mobile) dont on pressent, par les donations premières en nature qui suivent l'établissement des institutions, qu'il constitue une préoccupation prioritaire, mécanismes d'aération parfois modulables , systèmes d'adduction et d'évacuation des eaux (lavabos, canalisations, citernes comme on le vérifie à Blois ou à Saint-Jean d'Angers). À ces aspects durables, s'ajoute la question de l'entretien régulier ou périodique (chaulage des parois comme à Paris, chaque printemps) et des travaux accidentels : la maintenance qui peut entraîner des modifications de l'utilisation spatiale.
La question des aires de circulation, l'attestation et la datation des cours, bornes, clôtures, ouvertures, peuvent s'avérer capitales afin de percevoir les changements d'attitude ou la prévention manifeste envers tel groupe d'hôtes : noble ou commun, passant ou pensionnaire, hommes ou femmes, vieillards ou enfants, valides ou invalides, lépreux ou aveugles, parturientes, nouveaux-nés, et, plus rarement, lorsqu'ils ne sont pas abandonnés à eux-mêmes, malades chroniques et " fous ". À condition aussi que l'interprétation soit attentive à ne pas confondre la fondation d'un chancel avec une délimitation discriminatoire  ! L'emplacement des cloisonnements, souvent en bois ou mobiles, module les capacités d'accueil de même que la disposition et la dimension des lits qui ont fait couler beaucoup d'encre .
À côté ou intégré à la morphologie du bâti, les parties du décor (peintures murales, vitraux, enseignes comme à Poissy ou Brie-Comte-Robert, carreaux de céramique comme à Saint-Nicolas de Bayeux), la statuaire (comme à Dijon, Beauvais ou Issoudun) offrent des éléments supplémentaires de datation  ; leurs thèmes sont aussi susceptibles de recouvrir la personnalité des communautés, l'identité et les sentiments de leurs donateurs avant même de révéler les exutoires culturels ou spirituels proposés aux corps souffrants. Faut-il rappeler que pour le malade - mais est-il toujours le premier concerné ? - l'hôpital ne se visite pas debout mais à l'horizontal, le regard vers le haut, vers la voûte ou le plafond ? Une grande dispersion et la destruction des ouvres isolées en rendent l'appréhension concrète aléatoire, tout comme celle du mobilier plus ordinaire à laquelle pallie fort heureusement parfois la documentation écrite  : couettes ou oreillers dont le nombre forme un indice précieux corrélé à celui des pensionnaires, huches ou coffres , armoires, tables, luminaire, vêtements, matériel ménager et ustensiles multiples, tels que les 1270 balais inscrits à l'inventaire de l'hôtel-Dieu de Paris en 1430 , cuves à bain et instruments thérapeutiques. De même rang, les livres et les archives des communautés hospitalières servent de supports iconographiques uniques à même de fixer par l'enluminure, la gravure ou le sceau, une auto-représentation si recherchée : c'est ce que montre au XVe siècle pour l'hôtel-Dieu de Paris, le Livre de vie active de Jehan Henri ou, à Orchies (département du Nord), le sceau de l'hôpital qui fixe le geste médical accompli au chevet du malade.
Leur attestation est aussi une présomption de locaux particuliers et parfois de l'exercice incontestable de soins médicaux. On serait également en droit d'attendre de l'approche archéologique des précisions sur les diverses activités de survie : lieux et nature des cultures ou de l'horticulture voisinnes, et par là, paysage immédiat, consommation alimentaire, déchets, faune.
Restent les acteurs eux-mêmes, " le mort permettant de saisir le vif ". Alors que les léproseries, apparues à partir de la seconde moitié du XIe siècle au moment de l'achèvement du réseau paroissial, ont tendu vers la pleine autonomie de statut comme communautés religieuses à part entière, ce qu'entérine le concile de Latran III en 1179, le cas des autres hôpitaux en diffère largement : leurs défunts rejoignaient l'enclos ordinaire et bien souvent, par indigence, la fosse commune. Le personnel ecclésiastique et religieux, quant à lui, pouvait recevoir le privilège d'être inhumé dans la chapelle du lieu, voire dans la salle des malades. Cette présence funéraire est donc à déterminer puis à localiser, le cas échéant ad sanctos, ou encore par la proximité d'un cimetière limitrophe, dans un espace éventuellement réservé (et matériellement circonscrit ?) : tel serait le cas à Saint-Jean d'Angers, par exemple, jouxtant le cimetière Saint-Laurent. L'examen du parcellaire ancien, susceptible de montrer une aire cimétériale commune avec d'autres établissements religieux, ou compris dans leur mouvance seigneuriale ou patronale, peut alors suggérer l'initiative d'un transfert ou d'un partage foncier, voire l'origine d'une communauté hospitalière bientôt concurrente après avoir acquis son autonomie, au point d'engendrer des conflits relatifs aux droits ecclésiastiques de chacun. Des dalles funéraires gravées, comme dans les léproseries de Dijon ou de Meaux , transmettent l'identité et l'image de leurs membres, maîtres ou lépreux, leur mise vestimentaire. Hormis les caractéristiques d'inhumation, la répartition des individus et la chronologie d'occupation, forment, dans les conditions optimales, l'essentiel de l'information, encore trop rarement ou partiellement exploitée, longtemps gaspillée : les vestiges osseux dont l'analyse anthropologique est évidemment capitale à la paléodémographie et à la paléopathologie. Capitale aussi à une plus juste appréciation des niveaux effectifs de diagnostic et donc à la validation des savoirs médicaux anciens comme à la vérification des pratiques thérapeutiques : des usages médicaux réévalués par les enquêtes en cours et dont l'enregistrement écrit n'est pas plus fréquent que celui des modalités de construction à commencer par les gens de métier convoqués.

Nombreuses, les perspectives de recherche, souvent entrecroisées, révèlent la frustration contenue des historiens, la somme des interrogations en suspens, que seule une programmation raisonnée des sites à étudier et le regroupement plus systématique des résultats d'enquête permettront de lever. Encore et toujours : quelles réponses la succession des sociétés durant un millénaire décisif a-t-elle données aux corps souffrants ? Du virtuel au concret, la confrontation des approches et les échanges de vue effectués à l'Université de Paris XII en octobre 1999 témoignent, au-delà des promesses, d'une volonté de mieux comprendre.

 

 

Table des matières

 

Introduction

François-Olivier TOUAT
Problèmes d'histoire, d'architecture et d'archéologie hospitalières dans l'Europe médiévale, page 7

 

Accueillir

Catherine THIRARD
Les structures d'accueil des laïcs dans les monastères paléochrétiens du Proche-Orient (IVe-VIlle siècles),  27

Denise PÉRICARD-MÉA
L'architecture des hôpitaux de pèlerinage au Moyen Âge, 35

Mark GUILLON, Vincent GRÉGOIRE, Damien JEANNE
Une léproserie et ses morts: Putot-en-Bessin (XIIIqcvne siècles) ,.45

François BLARY et Denis BOUGAULT
Étude archéologique et paléopathologique de la maladrerie de Château-Thierry, 103

 

Construire

Pascal JOYEUX et Olivier RUFFIEUX
L'hôtel-Dieu de Blois: évolution des édifices.,. 137

Stéphane RÉVILLON
L'architecture hospitalière en milieu rural dans le Nord de la France du XIIIe au XVIe siècl: l'exemple de l'hôpital Notre-Dame de Seclin, 151

Claire MABIRE LA CAILLE
Les établissements hospitaliers de Melun au Moyen Âge, 169

Alain GIRARD
Les origines du plan de la Salle des pauvres de l'hôpital de Pont-Saint-Esprit, 187

Nicole BROCARD
L'hôpital du Saint-Sépulcre de Salins (Jura) au XVe siècle : locaux et conception de l'assistance, 201

Pierre JUGIE et Didier SÉCULA
L'Hôtel-Dieu de Beaune revisité, 231

 

Répartir

Maria de Lurdes ROSA
Lieux de l'assistance médiévale et architecture médiévale hospitalière au Portugal, 259

Daniel LE BLÉVEC
Problèmes de topographie hospitalière dans le Midi de la France, 295

Claude COLLU
Urbanisme et cadres d'assistance à Montauban (XIIIe-XVIe siècles), 305

Damien JEANNE
Les léproseries du diocèse de Bayeux du XIe siècle à la fin du XIVe siècle: essai d'inventaire archéologique et architectural, 325

François-Olivier TOUATI
De l'infirmerie monastique à l'hôpital moderne : lieux, édifices et formes de l'assistance dans la France de l'Ouest et du Centre, 391