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François-Olivier Touati, dir., Vocabulaire historique du Moyen Age (Occident, Byzance, Islam), 3ème édition

avec la collaboration de : Bénédicte Anfray, Thierry Berthou, Cyril Couybes, Marianne Faure, Lionel Prosperi et Alexis Rocher

format 14x22 cm, 329 pages, ISBN 2-910828-25-5, 32 planches, 12 euros
© Boutique de l'Histoire éditions, 2002

Introduction

Exemples de définition

D'abaque à 'zzoumar, d'abadengo à zindiq, d'averroïsme à stavkirke, près de 5000 termes (français, latins, grecs, anglais, allemands, arabes...), notions ou expressions, couvrant le champ des activités humaines foisonnantes qui se sont déployées durant plus de 1000 ans du nord de la mer Baltique aux confins sahariens, permettent d'appréhender la richesse et la complexité des réalités dites médiévales. Aider à comprendre le sens des mots, leurs origines et leurs glissements, tel est l'objet de ce Vocabulaire conçu comme un outil donnant accès de plain-pied aux sources écrites ou archéologiques ainsi qu'à la recherche et l'historiographie les plus récentes. Trente-deux figures complètent les définitions proposées.

 

Fruit d'une expérience pédagogique unique menée à l'Université de Paris XII, cet ouvrage a été réalisé pour et avec un groupe d'étudiants en Histoire, sous la direction de François-Olivier TOUATI, Maître de Conférences d'Histoire du Moyen Âge.

 

 

Introduction

 

" Pour donner des noms à leurs actes, à leurs croyances et aux divers aspects de leur vie de société, les hommes n'ont pas attendu de les voir devenir l'objet d'une recherche désintéressée. Son vocabulaire, l'histoire le reçoit donc, pour la plus grande part, de la matière même de son étude. Elle l'accepte, déjà fatigué et déformé par un long emploi ; ambigu d'ailleurs, souvent dès l'origine, comme tout système d'expression qui n'est pas issu de l'effort sévèrement concerté des techniciens."

Marc BLOCH, Apologie pour l'histoire ou métier d'historien.

Comme toute science, comme toute connaissance appelée à progresser toujours davantage, l'histoire utilise un vocabulaire dont les difficultés d'appréhension sont celles-là mêmes des sociétés qu'elle étudie. Comment, en effet, saisir l'épaisseur des réalités humaines sans une double démarche, délicate, appelant l'effort de chaque historien : comprendre, décrire. Chaque " période " - le terme est déjà connoté -, chaque milieu, secrète son propre vocabulaire dont la trace transmise dans le meilleur des cas par le document écrit forme l'un des gisements essentiels sur lequel s'établit sa perception. Mais la lecture s'avère souvent déconcertante : derrière l'emploi du mot, quelle(s) réalité(s), quel(s) usage(s), quel(s) sens ? Des mots aux choses, la distance fournit la mesure irrémédiablement relative de tout énoncé et de tout savoir. Une telle question, au centre des réflexions d'Abélard au xiie siècle, subsiste de Guillaume d'Occam à Michel Foucault. Elle est au cour de la démarche historique, par nature philologique : la critique des témoignages passe obligatoirement par celle des éléments de leur formulation.

Dans les sociétés dominées par l'oralité, l'importance de la parole ne cède que devant une fascination d'autant plus grande pour l'écrit. Cette relativité des mots ne remet donc pas en cause leur validité, base nécessaire de tout échange, de toute action, de tout savoir, du savoir tout court dans des civilisations dont la religion est celle du Livre (Bible, Coran). Depuis l'Antiquité, les encyclopédistes n'ont cessé d'en témoigner, d'Abécédaires en Étymologies.

Simultanément à la quête des mots, à leur repérage chronologique, à leur dénombrement, à la recherche de leurs origines et de leurs évolutions, l'historien est conduit à exprimer sa propre intelligibilité des phénomènes observés. Il participe à l'édification seconde, où l'anachronisme menace à chaque pas, d'un vocabulaire spécifique, technique, conceptuel, typologique et historiographique, celui de son temps et de sa discipline en permanente construction. L'apprentissage du métier, comme toute approche intellectuelle, passe donc obligatoirement par la maîtrise la plus complète et précise d'une terminologie nécessaire au repérage des réalités sous-jacentes sans laquelle aucune traduction ou intelligence des faits ne seraient envisageables sérieusement.

S'agissant du Moyen Âge, la tâche apparaît aussi ardue que passionnante. Multiples, les sociétés d'échelle variable qui se sont tour à tour côtoyées, affrontées ou ignorées durant plus de mille ans, forment autant de sphères culturelles particulières mais jamais étanches. Leurs transformations sur un temps aussi long, les héritages dont elles sont tributaires, ont conduit à une perpétuelle évolution lexicale, à des emprunts et des remaniements incessants, à des glissements de sens sur le rivage desquels viennent s'échouer aujourd'hui tant de questions : un " chevalier ", de surcroît le plus fréquemment désigné par les textes latins de miles, c'est-à-dire de " combattant " sans autre précision, ne représente-t-il pas plus qu'un homme à cheval, et depuis quand ? Derrière le servus des textes latins s'agit-il de reconnaître l'esclave ou le serf ? L'adaptation constante à des situations sans cesse renouvelées a donné naissance à une polysémie d'autant plus trompeuse que nos catégories mentales peinent à franchir la distance entre ces univers et notre temps : le terme de " contagion ", par exemple, volontiers employé dans les écrits médicaux pour décrire la progression des maladies dans l'organisme, ne doit-il pas être considéré différemment avant les découvertes, et les révolutions mentales qu'elles supposent, de Jenner et de Pasteur ? Paradoxalement réductrice, la tentation de généraliser ou de transposer sans d'infimes précautions, ne peut que précipiter vers une image caricaturale, erronée. L'emploi d'une langue véhiculaire et de ses référents " classiques " - le latin, le grec ou l'arabe, pour ne retenir que les principales - s'est trouvé sans cesse infléchi et enrichi par le contact permanent avec les nombreux langages vernaculaires de souches distinctes (celtiques, germaniques, scandinaves, slaves, perses, berbères, turques entre autres). Ce brassage a suscité l'émergence parallèle de langues nouvelles pas même fixées et déjà soumises à la déformation des usages dont les nôtres sont, à leur tour, directement issus : avertira-t-on jamais assez de l'illusion de croire un texte écrit en ancien français plus abordable sans un minimum de préparation - donc de culture et de technicité - qu'un texte latin ? Aussi, à moins de repères progressivement assimilés quitte à être ultérieurement critiqués, l'engouement initial ou la curiosité légitime risquent-ils vite de céder la place au découragement et à la frustration.

La dispersion de l'information à travers les manuels de base, les instruments de documentation, les ouvrages spécialisés, les articles savants, ou à l'inverse, l'insatisfaction ressentie face à quelque lexique trop sommaire pour ne pas être dépassé par une demande plus exigeante, nous ont donc conduit à tenter de faire ouvre utile en proposant ce Vocabulaire historique riche de près de 5000 définitions et touchant aux activités humaines foisonnantes qui se sont déployées du nord de la mer Baltique aux confins sahariens. Un projet certes ambitieux, mais tempéré par le souci d'être accessible au plus grand nombre. L'un des ses risques est donc aussi celui des choix.

Les termes retenus appartiennent aux trois grandes aires de civilisation issues du démembrement de l'Empire romain (Occident, Byzance, Islam) et à leurs " marges ", sans oublier le semis des communautés judaïques qui s'y rattachent. Ils empruntent aux différentes langues notamment européennes ou à leur traduction française dès lors que leur sens ne nous apparaissait pas aller de soi par sa pérennité dans notre langage actuel ou relever de la seule traduction fournie par les dictionnaires courants de langue ancienne ou moderne. Destiné à un public large d'étudiants, d'amateurs cultivés, et peut-être encore susceptible dans une moindre mesure de rendre quelque service aux chercheurs, cet outil d'initiation fournit de surcroît un certain nombre de repères notionnels (monnaie de compte, par ex.), dynastiques (Mérovingiens ou Almohades), techniques (en art par ex.) ou terminologiques (incastellamento, synallagmatique, roman, féodalité, millénarisme, etc.) fixés par l'emploi des historiens. Certains articles esquissent également des traits plus synthétiques sur quelques questions que le seul sens du mot éclairerait insuffisamment (averroïsme, donjon, épée, juif, esclave, castration...).

Dans la mesure où l'origine du mot et des expressions donnait matière à comprendre la formation du (ou des) sens, en restituait toute l'épaisseur historique et parfois la saveur, il nous a semblé indispensable de faire précéder chaque définition de l'étymologie explicite (parfois supposée) ou de l'accompagner de ses synonymes ou équivalents (en particulier latins ou en ancien français) offrant ainsi un accès plus direct au vocabulaire original des textes. De même, s'est-on efforcé de renvoyer systématiquement aux notions complémentaires (en GRAS) ou aux synonymes en d'autres langues, lorsque celles-ci ne se trouvaient pas mentionnées dans le corps même du développement dont chaque élément trouve à sa place sa propre définition, inutile à répéter : ainsi, la confrontation de certaines structures, d'une rive à l'autre de la Méditerranée par exemple, ne semble pas dénuée d'intérêt. Sur un plan plus pratique, l'invitation à feuilleter nous semble donner matière à. rebondissements. Le genre mentionné est celui de l'usage français qui ignore le neutre usité en latin, grec, allemand ou encore anglais et qui dicte, au moins pour ces trois premières langues, la terminaison plurielle : le genre ou les pluriels originels (pour l'hébreu notamment, et l'arabe qui ne marque pas la détermination féminin/masculin), dont la forme a de fortes chances d'être rencontrée, ont donc parfois été cités.

Cet outil de travail et de découverte ne saurait évidemment se substituer aux meilleurs ouvrages des spécialistes de tel secteur géographique, linguistique, chronologique, problématique ou méthodologique, ni rendre compte de la globalité illusoire des " Moyens Âges " sur une aussi vaste étendue ou de la diversité des voies d'investigation convoquées (diplomatique, archéologie, héraldique, codicologie, iconographie etc.) autrement que par l'essentiel (?), fatalement sommaire. Il n'est en rien exhaustif ni a fortiori lexicographique ; trop peu détaillé nous semble par exemple le domaine fort complexe des mesures dont la reconnaissance et le maniement des plus divers reste à nos yeux un point encore mal éclairé par les travaux dont nous sommes tributaires : quelques indications bibliographiques d'ensemble en fin de volume aideront à une approche amplement complémentaire. S'il reflète encore majoritairement les données classiques - pour ne pas dire académiques - de l'histoire institutionnelle, économique, sociale ou religieuse, privilégiant encore - compte tenu de ses destinataires - l'aire française, le souci de ne tourner le dos à aucun domaine (littérature, science, liturgie, techniques, arts, alimentation, armement, etc.) ouvre toutefois à l'extraordinaire diversité constitutive des sociétés médiévales.

Au terme de l'aventure que constitue tout essai de ce genre, qu'il me soit permis ici de souligner les conditions initiales de son élaboration : le défi et l'enthousiasme d'un petit groupe d'étudiant(e)s rencontré(e)s semaine après semaine, reconnaissant le terrain à couvrir, traquant les références, esquissant une première trame, osant commenter les autorités, depuis les ouvres déjà lointaines d'Achille Luchaire, celles plus proches d'Yves Renouard ou de Marc Bloch bien sûr, jusqu'aux travaux actuels, ceux des maîtres pour lesquels nous nourrissons une commune admiration. Comprenant aussi vite la nécessité de se situer que de transmettre et partager : aux côtés de Thierry Berthou, Marianne Faure, Bénédicte Anfray, Cyril Couybes, Lionel Prosperi et Alexis Rocher. Des remerciements doivent être adressés à l'Université de Paris xii, à Patricia Boulnois, Quitterie Cazes, André Geoffroy, Philippe Gourdin, Philippe Jansen, Sandrine Lerou, Claire Mabire-Lacaille, Stéphanie Rysman et Constantin Zuckerman pour leurs conseils et précieuses suggestions, ainsi qu'à Michèle et Pierre Borella pour l'accueil réservé à ce qui fut le prototype de cet ouvrage et aujourd'hui pour sa nouvelle édition.

Puisse Titivillus ne pas trop remplir sa besace.

 

 

Exemples de définitions

(une dizaine par lettre de l'alphabet)

 

ABAC ou ABAQUE. (n. m., lat. abacus ; du grec abax, tablette). 1. Architecture : tablette supérieure du chapiteau qui supporte l'architrave. Voir ENTABLEMENT. 2. Mathématiques : table à calcul sur laquelle, en l'absence de zéro, les chiffres prennent une valeur en fonction de la position variable des jetons (apices) suivant la colonne où on les place (unité, dizaine ou douzaine, etc.) L'abaque est d'origine babylonienne et date d'environ 3000 av. J.-C. ; utilisé au Moyen Âge par les écoliers comme par les marchands. Il suscite de savants traités tel celui de Leonardo Fibonacci, originaire de Pise et appelé à la cour de Sicile par Frédéric II : le Liber abaci (1202-1228), inspiré d'Euclide. Voir AL-JABR, AL-MUQÂBÂLA.

ABADENGO. (n. m., esp.). Domaine, seigneurie d'église ou d'abbaye. Voir REALENGO.

ABADITES. Voir IBADITES.

ABBADIDES. Dynastie d'origine arabe qui régna au xie s. sur une grande partie de l'Espagne musulmane. En 1023 le prince Abu Kasim Muh, cadi de Séville, se proclama hadjib. Son fils, Abu Amr Abbad lui succéda en 1042. Il fut l'homme le plus remarquable de la dynastie. Sous son règne, conquête de plusieurs principautés. À sa mort en 1070, son fils Muhammad Abbad, dit al-Mm'tamid Billah (" celui qui s'appuie sur Dieu "), continue la politique de conquêtes de son père mais fut victime du déclin de l'Espagne musulmane. En 1085 Alphonse VI, roi de Castille, conquiert la principauté de Tolède.

ABBASSIDES. Deuxième grande dynastie de califes arabes, après celle des Omeyyades de Damas, qui régna à Bagdad de 749 à 1258 et dont le nom provient d'al-Abbas, l'oncle du prophète; trois grands califes en font la renommée, al-Mansur (764-775) le fondateur de Bagdad, Harûn ar-Rashid (786-806) le calife des Mille et une nuits qui envoya un éléphant à Charlemagne et al-Mamun qui fonda la Maison de la Science (Dar al-Hikma). La prise de Bagdad par les Mongols en 1258 met fin à cette dynastie.

ABBATIALE. (n. f., du lat. abbatia). Église principale ou unique d'une abbaye.

ABBATIAT. (n. m.). Charge d'abbé ou d'abbesse. Il est dit multiple lorsqu'un même abbé cumule sa fonction dans plusieurs établissements de même rang.

ABBAYE. (n. f., lat. abbatia). Monastère, établissement ecclésiastique d'hommes ou de femmes suivant une règle de type cénobitique. C'est le lieu de vie d'une communauté, qui, sous la direction d'un abbé, vit claustrée et se consacre au service divin, à la prière, à la méditation, au travail intellectuel et manuel.

ABBÉ. (n. m., lat. abbas, de l'araméen abba, père). Chef d'une abbaye. Selon la règle attribuée à saint Benoît de Nursie (480-547), l'abbé devait être élu, généralement à vie, par les moines de l'abbaye. Il désigne ensuite ceux qui l'assistent tels le prieur, le cellérier, le maître des novices, le portier ou l'infirmier. À l'époque mérovingienne, on nommait aussi abbé certains titulaires de la direction d'une basilique funéraire. À l'époque carolingienne, également certains dirigeants de chapitres de chanoines portaient ce titre.

ABBÉ COMMENDATAIRE. Séculier tenant une abbaye en commende.

ABBÉ LAÏC. Vassal du prince qui rend le service militaire en échange de la jouissance de terres monastiques.

ABBESSE. (n. f., lat. méd. abbatissa, féminin fait sur abbas). Supérieure d'un couvent de femmes.

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B

BAATE. (n. f., de l'anc. fr. baer, guetter, attendre). Tourelle où se plaçait la sentinelle pour guetter l'arrivée de l'ennemi et faire sonner le tocsin.

BACHELIER. (n. m., lat. méd., baccalarius). 1. Sens général : jeune, vaillant. 2. Jeune gentilhomme aspirant à être fait chevalier. 3. Titulaire du premier grade universitaire.

BACINET. Voir BASSINET.

BACUL. (n. m.). Peine infligée à un homme ayant commis une faute dans l'exercice de sa charge ou à une fille dévergondée : les fesses du condamné frappées avec une pelle.

BAIL À CHEPTEL. Contrat de location d'animaux. À FIEF. Voir ACENSEMENT. À RENTE ou CHETEL. Contrat par lequel le détenteur d'une tenure en confie l'exploitation à un preneur contre une rente annuelle fixe.

BAILE ou BAYLE. (n. m., du lat. méd. baiulus, porteur). 1. Représentant seigneurial ; dans le Sud de la France, soumis à l'autorité du bailli s'il est délégué local du pouvoir royal, chargé d'administrer un domaine, de percevoir les redevances et de rendre la justice. Comparable au prévôt dans le Nord ou au vicomte en Normandie. 2. Fonctionnaire impérial en Sicile sous Frédéric II. 3. Ambassadeur de Venise.

BAILIFF. Voir BAILLI.

BAILLE. (n. f., du lat. pop. baiula). Tonnelet.

BAILLI. (n. m., de l'anc. franc., baillir, administrer). 1. À l'origine, agent d'administration seigneurial (voir BAILE), régisseur ; syn. angl. : bailiff (voir REEVE). 2. À la fin du xiie s., reprenant un modèle en vigueur en Normandie où ces délégués viennent se juxtaposer à l'autorité des vicomtes, les baillis mis en place par Philippe Auguste sont des agents royaux chargés d'une mission temporaire de contrôle des prévôts. À partir du milieu du xiiie s., officier exerçant dans une baillie des fonctions supérieures, judiciaires, financières et militaires et rétribué par gages.

BAILLIAGE. (n. m.) ou BAILLIE. (n. f.). Territoire soumis au contrôle ou à l'autorité d'un bailli. Circonscriptions déjà en place dans le domaine de Geoffroy Plantagenêt, créées par le roi de France à partir de la fin du xiie s.

BAILLISTRE. (n. m.). Celui qui a la garde et la tutelle des mineurs nobles.

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C

 

ou CASA. (n. f., ital.). Maison, famille.

CABALLEROS DE PRIVILEGIO. (esp.). Dans l'Espagne de la Reconquista, combattants à cheval dont le statut reconnu par l'autorité publique sous forme écrite (privilegio) accorde l'exemption fiscale et permet d'accéder à la noblesse en trois générations.

CABALLEROS HIDALGOS. (esp. hijo d'algo, fils de quelque chose). Dans le nord des royaumes de Portugal, en Castille et Navarre, nobles adoubés. Cette aristocratie est qualifiée de chevaliers aux éperons dorés (caballeros de espuela dorada).

CABALLEROS VILLANOS. (esp., chevaliers vilains). Combattants à cheval, devenus propriétaires de terres lors de la Reconquista. Ils défendent leur ville ou leurs finages et protégent les troupeaux durant leurs migrations. En retour, ils bénéficient de l'exemption fiscale. Habitant en ville, ils exercent fréquemment le pouvoir municipal et forment progressivement une petite noblesse à la fois citadine et terrienne, incorporant la catégorie des hidalgos.

CABALLERS ou CAVALLERS. (esp.). En Catalogne et à Majorque, cavalier ayant été armé chevalier. En Aragon, le terme désigne les membres d'une sorte de " moyenne noblesse ".

CABASSET. (n. m., du fr. cabas). Casque en métal à légère crête centrale et aux bords étroits en usage à la fin du xve s.

CABOCHIENS. Participants à l'insurrection conduite à Paris par Caboche (? 1418) et ses collègues de la Grande Boucherie (27 avril-4 août 1413). En est issue l'ordonnance cabochienne (1413), qui contient d'importantes réformes visant à une simplification administrative, fiscale et judiciaire, jamais appliquée.

CADI. (n. m., arabe qâdî). Juge chargé dans les centres urbains d'appliquer la loi coranique aux musulmans. Voir ALCADI.

CAGOT ou CAQUOT. (adj. et n. m.). Le terme apparaît au début du xive s. en France, pour qualifier - probablement par homophonie avec le bruit de leurs cliquettes - certains lépreux. Il sera ultérieurement affecté à des groupes marginalisés voire ostracisés, accusés de lèpre héréditaire sous forme plus ou moins atténuée, en particulier en Béarn et en Bretagne.

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D

 

DA'I. (n. m., arabe, pl. du'at, celui qui appelle). Missionnaires, propagandistes d'une doctrine en islam notamment chez les Ismâ'îliens fatimides.

DALMATIQUE. (n. f.). À l'origine, tunique d'apparat en laine ou à la mode dalmate, sans manches, formée d'une large pièce d'étoffe fendue par le milieu pour passer la tête, et tombant jusqu'aux pieds. La dalmatique fut par la suite pourvue de manches de largeur proportionnelle à la dignité des personnages. Ainsi les manches de la dalmatique du pontife sont plus amples que celles de la dalmatique du diacre. Les rois de France portaient parfois la dalmatique, notamment au moment de leur sacre. Par extension, on donne le nom de dalmatique à un vêtement porté par les membres de la noblesse à partir du xive s. Celle-ci n'avait pas de manches.

DAME. (n. f., lat. domina, maîtresse). 1. Féminin de seigneur (dominus), titre donné à la femme d'un seigneur. Équivalent f. de sire. 2. Par excellence, sujet de l'amour courtois.

DAMES PRÊCHERESSES. Dominicaines.

DAMOISEAU. (n. m., latin méd. domicellus). 1. Gentilhomme qui n'était pas encore chevalier. Syn. catalan : donzell, all. : Juncker. 2. Syn.: écuyer.

DANEGELD. (n. m., scand., or des Danois). 1. Tribut, exigé par les Vikings des populations des territoires que les combattants danois occupaient pour qu'ils se retirent. 2. Tribut payé aux Danois par les Anglo-Saxons dans la dernière décennie du xe s., transformé en taxe. Entre 1012 et 1051, le danegeld fut maintenu afin d'entretenir l'armée anglo-saxonne. Les rois normands continuèrent de l'encaisser pendant plus d'un siècle après la conquête.

DANELAW. (angl.). Territoires conquis en Angleterre par les Danois, du ressort de la loi danoise. Il ressort de récentes recherches que les Norvégiens ont eu une part importante dans cette colonisation. York eut pour souverain, vers 948, un ancien roi de Norvège.

DAPIFER. (n. m., du lat. dapes, festin). Officier de la maison royale responsable de la table du souverain, bouteiller.

DÂR AL-ISLAM. (expr. arabe, maison, pays de l'islam). Territoire soumis à l'islam.

DÂR AL-HARB. (expr. arabe, pays de guerre). Territoire qui doit être conquis par l'islam.

DÂR AL-SUHL. (expr. arabe, pays de la trêve). Territoire qui n'est pas conquis militairement par l'islam, mais qui verse un tribut.

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E

 

EARL ou EORL. (n. m., angl., à rapprocher de jarl scand.). Chez les Anglo-saxons, chef d'un territoire, membre de l'aristocratie foncière ; devient progressivement synonyme de comte.

EARLDOM. (n. m.). Circonscription où s'exerce l'autorité tant administrative que militaire de l'earldorman aux ixe-xie s.

EARLDORMAN. (n. m., angl., confusion entre earldom et alderman ?). Titre anglo-saxon, gouverneur local, équivalent de la fonction de comte ou de marquis dans l'empire carolingien. Au xie s. ce titre, rare, est supplanté par celui de earl, puis par celui de sheriff.

EAU. (Marchands de l'Eau). Métier, c'est-à-dire association des marchands qui à Paris transportent leurs marchandises par voie fluviale (xiiie s.).

EAVIE. (n. f., du lat. aqua, anc. fr. eve ou iave, eau). 1. Droit seigneurial sur les produits de la pêche, et cela un jour par semaine. 2. Espace sur lequel s'exerce ce droit.

EBDOMADE. (n. f.).Prières dites durant toute une semaine.

EBDOMAIRE. (n. m.). Ecclésiastique en charge du service durant une semaine.

ÉCARLATE. (n. f., lat. méd. scarlacta, du perse saquirlat). 1. En teinturerie, colorant rouge obtenu à partir de " graine ", c'est-à-dire d'oufs de cochenille, ou de " brasil ", bois importé. 2. Drap fin (pas toujours rouge) qui aurait des vertus médicinales.

ÉCHAFAUD. (n. m.). Estrade, charpente, pavillon de bois d'où les femmes assistaient aux tournois.

ÉCHANSON. (n. m., du francique skanjo). Officier ou serviteur au service des grands personnages, chargé de leur verser à boire. En France, le grand échanson remplace dans la Maison du roi le grand bouteiller en 1449.

ÉCHANSONNERIE. (n. f.).1. Groupe des échansons. 2. Pièce où l'on distribuait le vin aux xive et xve s., placée près du cellier.

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F

 

FABLIAU. (n. m., anc. fr., du lat. fabula). Aux xiie et xiiie s., dans le Nord de la France, récit, petit conte en vers, destiné à faire rire. En vogue surtout dans les milieux nobles car il tourne en dérision le bourgeois, ce style de satire est remplacé par la nouvelle.

FABRIQUE. (n. f., lat. fabrica, atelier). 1. Atelier, chantier d'un édifice en construction. Groupement des artisans travaillant à cet édifice (on dit également ouvre). 2. Patrimoine d'une paroisse et groupement des paroissiens (laïcs) qui participent à la gestion de ce patrimoine. Organisé en conseil de fabrique (assemblée). Voir MARGUILLIER. 3. Au xiiie s., organisation de marchands de draps des grandes villes du Nord (Paris, Rouen, en Flandre et en Artois).

FACENDERA. (n. f., esp.). Corvée ou service de construction et d'entretien des chemins dans la Péninsule ibérique. Voir ANUBDA, CASTELLARIA, VANTAR.

FÂCHERIE. (n. f., du lat. fastidium, ennuyeux). Dans le Midi de la France, partage des produits d'une métairie (moitié propriétaire, moitié métayer), par extension, l'ensemble de ces revenus.

FACTION. Voir DÈME.

FACULTÉ. (n. f., lat. méd. facultas). Au sein d'une école, regroupement des matières enseignées par les maîtres, les docteurs et les professeurs (ou régents) participant à une même discipline ; puis, dans les Universités, regroupement des maîtres et des étudiants d'une même discipline. Il existe par exemple, les facultés des Arts, de Médecine, de Droit. Les facultés peuvent attribuer trois grades : la déterminance (au xve s. devient le baccalauréat), la licence et la maîtrise (ou doctorat).

FADERFIO. (n. f., de l'all. Vater, père). En droit lombard, patrimoine qu'un père constitue pour sa fille et qui vient s'ajouter au moment de son mariage, à une dot préexistante.

FADRI ou FADRIN. (n. m., esp.). Employé journalier dans l'artisanat ibérique.

FAÉ. Voir FÉE.

FAIDA ou FAIDE. (n. f., germ.). Chez les Germains, vengeance privée dans le cadre familial, rendue obligatoire lorsqu'il y a eu meurtre d'un membre d'une famille par une autre famille. Expédition punitive, haine. Voir COMPOSITION, FREDUM, WERGELD

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G

 

 

GAARD. (n. f., scand.). Concession, à la fois entrepôt, local commercial et logis, composant un comptoir marchand en Norvège. Voir HANSE, LASTADIE, ÉCHELLE.

GABBAÏ. (n. m., héb., pl. Gabbaim). Trésorier, administrateur d'une communauté juive.

GABELLE. (n. f., ital. gabella, de l'arabe qabâlah, impôt). 1.Taxe des marchandises. 2. En France, impôt royal indirect créé en 1355. Il place sous monopole la vente du sel au détail. La gabelle est levée sous le contrôle d'officiers royaux, les maîtres des greniers, qui reçoivent dans les greniers à sel, entrepôts obligatoires, le sel apporté par des marchands et le mettent eux-mêmes en vente à un prix qui inclut la part du marchand et celle du roi, taxant ainsi, de façon variable selon les régions, une consommation essentielle à la conservation des aliments.

GABLE. (n. m., du scand. gafl, plafond). Sorte de pignon en pierre à fonction purement décorative situé au dessus d'une porte (tympan d'une église) ou d'une fenêtre. Ajouré, en forme de triangle, il est utilisé essentiellement dans le style flamboyant.

GAFOLGELD. (n. m., sax.). En saxon, argent de la taxe.

GAFOLLAND. (n. m., du sax. gafol, taxe). Chez les Saxons, sol sur lequel est perçu l'impôt.

GAGE. (n. m., du francique waddi, lat. gagium). Objet ou bien de valeur, une garantie qui est remise à un juge ou à un seigneur. Le gage sert à prouver la bonne foi, à garantir une promesse, ou le paiement d'une dette. Voir MORT-GAGE et VIF-GAGE.

GAGNAGE. (n. m.). Terre nouvellement défrichée, gagnée sur une friche ou sur un bois.

GALÉASSE. Voir GALÉE.

GALÉE ou GALÈRE. (n. f. du catalan galera, altération de l'ital. galea [xie-xiie s.], mot byzantin [ixe-xe s.], de l'arabe xalija). Navire à rames, très effilé et maniable, surtout utilisé en Méditerranée ; sert pour le combat en premier lieu mais aussi au transport des marchandises légères et rares (les épices venant d'Orient par les pays arabes par ex.). Un navire plus lourd, de plus fort tonnage, à rames, est une galéasse.

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H

 

HABER. (n. m., héb., pl. hebrot). Compagnon, membre d'une confrérie juive (hebra).

HABSBOURG. (n. m.). Dynastie qui règne, à partir du xiiie s., sur une partie de l'Europe. C'est au xe s. qu'apparaît pour la première fois un représentant de cette dynastie, un châtelain d'Altenburg du nom de Gontron. Au xIe s., elle acquiert son nom, Habsbourg, du château d'Habiechtsburg en Argovie. À partir de la Suisse, puis de l'Alsace, cette famille agrandit à la fois sa puissance et ses acquisitions. En 1273, Rodolphe Ier est élu roi des Romains. Le règne de cette dynastie ne débute réellement qu'en 1278, notamment avec l'acquisition de l'Autriche.

HACHE. (n. f., du francique hâppia). Arme essentiellement utilisée au cours de l'époque franque, surtout destinée à l'origine aux cavaliers. Elle est composée d'un manche, que l'on pourrait comparer à une masse d'arme. Au bout de ce manche, on trouve d'un côté un large fer tranchant qui a la forme d'un croissant, et de l'autre, un marteau. La hache est utilisée pour désarçonner, on la lance après l'avoir fait tournoyer. Au xve s., le manche est plus court et elle sert plutôt comme arme d'arçon. Voir FRANCISQUE.

HACHÉMITES ou HÂSHIMITES. Famille dont les membres descendent de Hachim (arrière grand-père de Mahomet). Ils sont, à partir du xie s., les gardiens des lieux saints, ainsi que les émirs de La Mecque.

HACIENDA. (n. f., esp., du lat. facienda, à faire). En Andalousie, domaine exploité en faire-valoir direct, en général, réservé à la culture de l'olivier.

HADITH. (n. m., arabe, récit). Paroles, actes attribués à Mohammed, et qui ne sont pas dans le Coran. Voir SUNNA.

HADJDJ ou HAJJ. (n. m., arabe). Pèlerinage à la Mecque que tout musulman doit, en principe, accomplir au moins une fois dans sa vie. Voir UMRA.

HADJIB. (n. m.). En Espagne, chambellan du calife, puis, au cours du xe s., premier ministre.

HAFSIDES. Dynastie d'Afrique du Nord, qui règne en Berbérie orientale (Tunisie) de 1228 à 1574.

HAGADAH. (n. f., héb., récit). Ensemble des textes rabbiniques non juridiques du Talmud et du Midrach, touchant à l'enseignement, l'histoire, la morale, la philosophie. Voir HALAKHA.

HAGEMEISTER. (n. m., all.). Voir LOCATORES.

HAGIOGRAPHIE. (n. f., du gr. agios, saint, et graphein, écrire). 1. Genre littéraire : écrit sur la vie des saints. Ces écrits ont plusieurs sources : les témoignages, les Actes des martyrs, les listes liturgiques des saints, les biographies, et à partir du xiiie s., les enquêtes et les bulles de canonisation. Le terme désigne également l'étude des récits hagiographiques. 2. Par extension, ouvrage qui glorifie excessivement la vie et les actes de celui dont il parle. Il existe par exemple, beaucoup d'hagiographies des princes ou des rois qui font d'eux de véritables saints.

HAIA. (n. f., lat.). Voir HAIE

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I

 

IBADITES ou ABADITES. (n. m. pl. de l'arabe ibadiyya). Secte appartenant à l'une des branches modérées du kharidjisme, et apparaissant au viie s. en Irak. À partir du viiie s., se répand essentiellement dans le Maghreb où elle fonde une dynastie à Tiaret. Se caractérise par une attitude de résistance envers le pouvoir central et notamment face aux califats abbasside et fatimide.

IBELINS. (n. m. pl.). Famille de seigneurs croisés d'origine italo-normande venue s'installer dans l'Orient latin en vue de constituer de grandes seigneuries.

IBLÎS. (du gr. diabolos ?). 1. Nom propre désignant Satan dans le monde musulman. D'après le Coran, Iblîs fût maudit par Dieu après avoir refusé de se prosterner devant Adam. 2. Par extension, lorsqu'il est rapproché du terme al-shaytân, iblîs désigne également les démons au sens général. Ce n'est alors plus un nom propre.

ICÔNE. (n. f., du gr. eikôn, image). Image sacrée à motif religieux (Christ, Vierge, saints) représentée sur un panneau de bois éventuellement mobile (chamela). Elle peut être également exécutée sur un mur peint, en mosaïque, ou encore sculptée dans l'ivoire ou la pierre tendre. Elles ornent en particulier les églises byzantines, et plus spécialement l'icônostase. Déjà présentes sous l'Antiquité, les icônes font l'objet d'une véritable vénération au haut Moyen Âge, essentiellement à Byzance : leur conremplation est pour le fidèle un moyen d'adorer Dieu. Dès le vie s., des témoignages attestent la " puissance " et les vertus miraculeuses susceptibles de leur être reconnues. Néanmoins leur caractère engendre une crise aux viiie-ixe s. dont les aspects théologiques sont également politiques si tant est que la civilisation byzantine autorise cette distinction : lieutenant voulu par Dieu sur terre, le basileus est " à son image ", icône vivante. N.B. Sur les types de représentation de la Vierge et de l'Enfant-Jésus, voir THÉOTOKOS. Voir également ACHEIROPOIÈTE, AMNOS, ANASTASIS, DOULIE, MÉLISMOS, ICONOCLASME, ICONOSTASE, LÂTRIE.

ICONOCLASME. (n. m., du grec eikôn, icône et klaô, briser : bris d'image). 1. Mouvement religieux hostile au culte des images dans l'empire byzantin. Au contact d'un monothéisme strict, il devient doctrine officielle en 730, sur ordre de l'empereur Léon III (? 741). Ce mouvement et les persécutions qu'il a entraînées s'éteignent définitivement en 843 quand un concile rétablit le culte des icônes qui devient alors définitivement l'orthodoxie. 2. Le rejet des images désignant toute figuration de la divinité trouve sa justification dans le judaïsme (Exode, xx, 4) : " Tu ne feras pas d'images taillées ". Il servit à dénoncer le " luxe " de l'Église visible, contraire à l'ascèse pour saint Bernard au xiie s., repris de façon violente par Wycliff et les lollards en Angleterre (xive s.) et par Jean Hus et les taborites. Voir HUSSISME.

ICONOCLASTE. (n. m. et adj., en gr. eikonoklastês, briseur d'images). Dans l'empire byzantin, partisan de l'iconoclasme et de l'empereur dans sa lutte contre le culte des images.

ICONODOULES ou ICONOPHILES. (n. m., du gr. eikôn, image et douleia, servitude). Dans l'empire byzantin, à partir du viiie s., adeptes du culte des images qui évolue durant la crise iconoclaste. C'est-à-dire ceux qui vénèrent les icônes et, dans une forme extrême, leur attribuent des pouvoirs surnaturels.

ICÔNOSTASE. (n. f., du gr. stasis, action de poser). Dans les églises orientales, cloison transversale, basse à l'origine (un chancel surmonté d'un voile) séparant le sanctuaire ou bèma (où le prêtre effectue la consécration) de la nef ou naos (où sont réunis les fidèles) et servant de support aux icônes : elle est par la médiation de celles-ci le lieu de passage d'un monde à l'autre, du profane au sacré. Réhaussée jusqu'au plafond pour des nécessités pratiques, comprenant trois ouvertures, elle devient le cadre d'une liturgie qui renforce le mystère sacré de la messe. L'un des types les plus raffinés est l'iconostase en bois doré apparaissant au xive s. Le programme iconographique qu'elle offre classiquement répond à un ordonnancement théologique, liturgique et pédagogique précis. Voir figure.

IDIKON ou EIDIKON. (n. m., gr.). Dans l'administration centrale de l'empire byzantin, bureau des finances privées de l'empereur.

IDIOTÈS. (n. m., gr., pl. idiotaï). Dans l'empire byzantin, désigne un homme banal, un simple particulier.

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J

 

JACHÈRE. (n. f., lat. méd. gascaria ou gascheria, du gaulois, gansco, branche). État d'une terre labourable qui n'est pas ensemencée et laissée provisoirement au repos (généralement 1 an). Cette pratique permet au sol de retrouver une certaine fertilité avant un prochain ensemencement.

JACOBISME. (n. m.). Hérésie qui trouve son origine dans la prédication du moine byzantin Eutychès (? 454). Condamnée dès 451 par le concile de Chalcédoine, elle se répand néanmoins au vie s. jusqu'au Moyen-Orient, par l'intermédiaire de Jacques Baradaï. Le Jacobisme, insistant ex-clusivement sur la nature divine du Christ, a donc un caractère largement monophysite.

JACQUE ou JAQUE. (n. f. ou m., du catalan cotte de mailles, de l'arabe schalk ?). À partir du xive s., tunique ou protection vestimentaire courte de certains soldats à pied. Elle est composée d'une sorte de matelassage de toile ou de cuir, et comporte des manches. Voir JACQUERIE.

JACQUEMART ou JAQUEMART. (n. m., de l'anc. prov., Jaqueme, variante de Jacques). Figure de métal représentant un homme d'armes frappant les heures avec un marteau sur la cloche d'une horloge de cathédrale ou d'hôtel de ville.

JACQUERIE. (n. f., de Jacques Bonhomme, surnom des paysans français). Révolte paysanne de 1358, éclatant d'abord dans le Beauvaisis avant de se répandre hors de cette région. Elle tire son nom des Jacques, surnom des vilains peut-être en raison de leurs vestes courtes. Ce soulèvement peut être interprété comme une réaction à la chute des revenus agricoles, à l'alourdissement fiscal, au désordre politique ambiant. Il finit par la répression sanglante du roi de Navarre, Charles le Mauvais. Par la suite, ce terme est employé pour désigner n'importe quelle révolte. Voir PRAGUERIE.

JACQUES. (n. m. pl.). 1. Surnom donné en France aux paysans. 2. Partisans de la Jacquerie.

JACQUET ou JACQUOT. (adj. et n.). Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Voir BOURDON, COQUILLARD.

JAIOLAGE. (n. m., du lat. méd. gavia, anc. fr. jaiole, geôle). Droit perçu pour l'entretien des prisonniers.

JALAGE. (n. m., anc. fr., de jale, jatte). Droit levé sur le vin vendu au détail.

JALET. (n. m., de jale, jatte). Mesure de capacité utilisée pour les liquides et les grains. Elle varie selon les régions.

JANISSAIRES. (n. m. pl., de l'ital. giannizzero, du turc yeniçeri : nouvelles troupes). Dans l'empire ottoman, à partir du xive s., soldats d'infanterie de la garde, recrutés parmi les chrétiens, par des rafles d'enfants ou " ramassages " (devchirmè).

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K

 

KA'ABA ou KA'BA. (n. f., arabe, du gr. kubos, cube). Édifice en pierre de forme cubique se trouvant à La Mecque. Il repose sur trois pierres sacrées, et est considéré comme la maison terrestre de Dieu. C'est donc en direction de ce sanctuaire que toutes les prières des fidèles doivent converger. La Ka'aba a déjà un caractère sacré en Arabie, dans la période préislamique. Elle devient un véritable pôle attractif et religieux pour les musulmans. (ex : cérémonie du pèlerinage). Recouverte de la kiswa (dais). Voir TAWÂF.

KABBALE ou CABALE. (n. f., héb. gabbalah, tradition). 1. Ensemble des traditions doctrinales juives à l'exclusion du Pentateuque. Elle développe durant tout le Moyen Âge une méditation mystique et une recherche ésotérique tentant de comprendre le monde par toutes les voies possibles d'interprétation, aussi bien littérale, symbolique ou numérique. 2. Diplôme de chohet (Kabbalah).

KACHIF. (n. m.). Nom donné en Égypte, à un inspecteur des impôts. Puis à partir du milieu du xiiie s. (lors de la domination des Mamelouks) le kachif a pour charge de percevoir les taxes.

KADARITES. (n. m. pl.). En islam, nom donné aux adeptes d'une doctrine théologique refusant tout déterminisme et prônant la réalité d'une liberté de choix et de jugement, qui est dans la nature de l'Homme.

KADIRIYA. (n. f., arabe). En islam, association religieuse d'entraide créée au xiie s. par 'Abd al-Kâdir al-Djîlânî. Les membres de cette confrérie sont des ascètes et des mystiques.

KAHAL. (n. m., héb.). 1. Communauté juive d'Occident. Syn. f. : Kehila. Peut-être à l'origine du terme catalan call, quartier habité par cette communauté, puis tout quartier peuplé d'une population homogène. 2. Comité élu dirigeant cette communauté. Syn. f. : Chivah tové ha-ir.

KA'ID. (n. m., arabe, chef). Entre le viiie et le xie s. (époque Abasside), chef militaire détenant un grade précédant celui de commandant en chef. Syn. lat. méd. : gaytus.

KALAAT. (arabe). En islam, sorte de fortification placée en hauteur.

KALAM. (en arabe : discussion). Relation opposant la théologie dogmatique et les arguments logiques, raisonnables d'une liberté de pensée.

KALB. Tribu originaire de l'Arabie du Sud et ayant Khatan pour ancêtre. De nombreux califes umayyades d'Orient s'aidèrent de cette tribu comme point d'appui politique.

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L

 

LABOUR. (n. m., du lat. laborare, travailler, souffrir). Opération agricole consistant à retourner la terre, afin de l'aérer et de l'enrichir grâce à l'ensevelissement des herbes de surface. Au début du Moyen Âge, le labour, principalement à bras (bêche, houe) restreint la surface de culture et est par ailleurs peu efficace. Puis, progressivement, il gagne en qualité. La profondeur du sillon s'accroît. Enfin, le développement de l'outillage (araire, charrue, attelage) permet aussi une augmentation de la surface exploitée.

LABOUREUR. (n. m.). À la fin du Moyen Âge, paysan aisé qui détient un train de culture et des animaux de trait, lui permettant d'exploiter les terres qu'il loue ou dont il est le propriétaire. Dans la partie nord du royaume de France, ce train de culture est largement représenté par la charrue, tirée par des boufs ou des chevaux. Dans le Sud, l'araire domine, pas nécessairement en raison d'une différence de moyens mais parce qu'il est mieux adapté à des sols plus fragiles, évitant l'érosion.

LACS DE SOIE. (n. m., du lat. laqueus, noud coulant). Mince cordon en fil de soie qui sert de lien, d'attache entre un sceau et un document officiel (édit, charte, bulle). Les lacs de soie étaient de diverses couleurs, mais souvent bicolores pour les documents solennels.

LADRE. Voir LÈPRE.

LAGAN. (n. m., anc. fr., du scand. lag, disposition). 1. Droit seigneurial (revendiqué comme souverain) d'appropriation des épaves, de saisie de tout bien et de toute personne échouée sur le rivage. Ses abus entraine sa condamnation longuement réitérée par l'Église à partir de 1078. Syn. : droit de bris (fr.), sewerp (flam.), verec ou warec (anc. scand.). 2. Par extension, l'épave elle-même.

LAI. (n. m., du celte laid, chant ? ou de laïc, par opposition au latin des savants ?). 1. Genre poétique multiple spécifique du xiie au xve s., narratif ou arthurien, lyrique. Ce sont des poèmes rimés et, en principe chantés sur une mélodie variable selon les strophes dont le nombre ne se fixe à douze qu'au xive s. Plusieurs courants illustrent le genre, à commencer par les Lais de Marie de France composés vers 1160 : matière de Bretagne, thèmes courtois du lai-descort. Au xive s., Guillaume de Machaut est parmi les derniers à utiliser la forme lyrico-musicale. En effet, au xve s., la technique musicale évoluant, les lais lyriques ne sont plus accompagnés de musique et ne représentent plus qu'un jeu de versification (ex : chez Froissart ou Christine de Pisan) ; disparaissent au xvie s. 2. (adj. et n. m., du lat. laicus). Synonyme de convers ; peut désigner la situation intermédiaire d'un laïc vivant au sein d'une communauté religieuse sans avoir prononcé de voux définitifs.

LAÏC. (adj. et n. m., lat. laicus, du gr. laikos, qui appartient au peuple). Désigne tout fidèle chrétien qui n'appartient pas au clergé. Voir ORDRE.

LAIDE. Voir LEYDE.

LAIE. (n. f., anc. fr., du francique laida). Sentier de forêt, limite.

LAKHMIDES. Groupe ethnique du Sud de l'Arabie, convertis au christianisme et peut-être à l'origine de l'écriture arabe.

LAMBREQUIN. (n. m., de lambeau). Ruban de fin tissu placé sur le heaume et l'écu et permettant aux chevaliers de se préserver de la chaleur. En effet, ils atténuaient les désagréments causés par le soleil qui augmentait la température des accessoires en métal. À partir du xiiie s., devient un ornement raffiné qui orne également le blason.

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M

 

. (n. f., esp., du lat. manus). Dans la couronne d'Aragon : l'une des trois " mains " (mayor, mitjina, menor) définissant l'ordre social et politique. La mayor correspond à l'ordre des patriciens.

MAASER. (n. m., héb.). Dîme à l'usage des pauvres versée par les juifs à leur communauté.

MACABRE. (adj., de Macchabée ou du nom Macabré ?). Qui se rapporte à la mort. La mortalité qui ravage l'Europe dans le sillon de la peste aux xive-xve s., accompagne une mutation de la sensibilité exacerbée qui se traduit notamment dans l'art par les représentations de la Mort, de cadavres ou de danses macabres mettant en contraste cet avenir commun avec la fugacité de la beauté, de la jeunesse et la vanité de la richesse ou de la puissance.

MACCHABÉES ou MACCABÉES. (n. m. pl., héb.). 1. Prophètes mentionnés dans l'Ancien Testament. 2. Nom donné à quatre livres bibliques dits " des Macchabées ". Parmi ces quatre livres, deux ont été retenus canoniquement par l'Église. Ils contiennent une attestation de l'efficacité des prières pour les morts et une allusion à la résurrection. Ils sont donc utilisés par le clergé pour l'office des morts ou " office des macchabées ". 3. De là nom donné au cadavre. Voir MACABRE.

MACÉDONIEN (Exception du). (n. f.). Loi qui ne rend pas responsable un père des dettes contractées par son fils.

MACEFONDE. (n. f., anc. fr., du lat. méd. mattea, marteau). Catapulte utilisée pour jeter des pierres.

MACELLERIE ou (anc. fr.) MACECLE. (n. f., lat. macellaria). Boucherie, abattoir. Un macelier (ou masselier) est un boucher.

MACEQUOTE. (n. f., anc. fr.). Instrument de musique.

MACHICOULIS ou MACHECOULIS. (n. m., de l'anc. fr. machier, écraser et coulis, couler). Galerie en surplomb au sommet d'un mur fortifié de même nature que le hourd. Des ouvertures aménagées permettent aux assiégés de verser projectiles ou liquides brûlants sur les attaquants. Se répandent au xive s.

MACHTIERN. (n. m., celtique). Au haut Moyen Âge, en Bretagne, chef de lignage supervisant les paroisses qui dépendent de sa personne.

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N

 

NACAIRE. (n. f., de l'ital. nacchera, nacre). 1. Instrument de musique militaire. Sorte de timbales. 2. Castagnettes.

NACELE ou NACELET. (n. f., du lat. navicella). Petit bateau, barque sans mât ni voile.

NACHIZ ou NACIS. (n. m.). Drap d'or fabriqué à Bagdad et à Lucques, utilisé pour la confection de vêtements de cérémonie.

NAFT. (n. m., arabe). Voir FEU GRÉGEOIS.

NAGID voir NASSI.

NAIB. (n. m., arabe). Haut fonctionnaire musulman, chef de citadelle.

NAISSANT (n. m) ou NAITÉ. (n. f., de naître). Héritage ou statut (servage) acquis par droit de naissance.

NAPÉE. (n. f., du lat. nappeae, nymphes des bois). Nymphes des eaux, des forêts et des montagnes.

NAQUET. (n. m.). 1. Garçon marqueur au jeu de paume au xve s. 2. Valet, homme attaché au seigneur.

NARTHEX. (n. m., gr.). Galerie ou porche parfois fermé à l'entrée d'une église. Lieu réservé aux catéchumènes dans les premières basiliques.

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O

 

OBÉDIENCE. (n. f., lat. obedientia, obéissance). 1. Soumission hiérarchique religieuse. 2. Dépendance hiérarchique d'une communauté religieuse vis-à-vis d'un monastère plus important ou chef d'ordre. Qualifie cette communauté, syn. de cella ou de prieuré. 3. Type de vie religieuse, interprétation d'une règle, tendance à laquelle se soumet une partie d'un ordre. Syn. d'observance.

OBÉISSANCE. (n. f.). 1. Pratique prescrite par les règles ou des statuts concernant des ordres religieux. L'un des voux majeurs. 2. Service de fief.

OBIT. (n. m., du lat. obitus, mort). Fondation pieuse pour la célébration d'une messe annuelle à la mémoire d'un défunt au jour anniversaire de sa mort.

OBITUAIRE. (n. m., lat. méd. obituarius, de obit). Registre des bienfaiteurs et membres d'une communauté religieuse, recommandés aux prières de celle-ci selon les jours anniversaires de leur décès. Les plus anciens obituaires connus datent du ixe s. Syn. Nécrologe.

OBLAT. (n. m., du lat. oblatus, offert). 1. Enfant " offert " (entré) à un monastère pour y être éduqué et devenir moine. 2. Parfois syn. (voir ces mots) de donné ou lai.

OBLATION. (n. f., lat. oblatio, offrande). Offrande à Dieu ou pour un mort.

OBLATURE. (n. f.). Action d'entrer jeune ou de faire entrer comme oblat. Condition de l'oblat.

OBLÉE ou OBLIE. (n. f., anc. fr., du lat. oblata, offrande). 1. Offrande. 2. Hostie. 3. Pâtisserie cuite entre deux fers (gaufre) fabriquée par des oubloyers. 4. Redevance (voir OUBLIAGE). 5. Mesure de grain.

OBLIGEANCE. (n. m., anc. fr., du lat. obligare, de ligare, lier). 1. Acte devant notaire. 2. Acte par lequel le chevalier s'engageait, dans le cadre d'un combat en champs clos, à se trouver au combat à un jour et une heure précise.

OBOLE. (n. f., lat. obola, du gr. obolos). 1. Espèce monétaire en cuivre valant la moitié d'un denier, qui prit le nom de maille à partir de saint Louis. 2. Petite somme, offrande de peu d'importance.

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P

 

PACIARIUS. (n. m., lat., de pax, paix). " Pacificateur ", agent de l'ordre public, généralement élu par la population des villes (Catalogne), assistant des prud'hommes et veguers. Syn. cat. : pahers ou paers.

PACIFIZ. (n. m. pl.). Monnaie aragonaise du xVe s.

PACTISME. (n. m., du lat. pactum, pacte). Terme désignant la monarchie contractuelle typique de la couronne d'Aragon. Depuis la fin du xiie s., le roi devait jurer à son avènement le privilègio général octroyé aux nobles, les fueros aux villes et les libertades, limitant considérablement son pouvoir.

PAELE. (n. f., anc. fr., du lat. patella, petit récipient). 1. Mesure des liquides. 2. Chaudron servant à l'évaporation de l'eau dans les salines (xive s.).

PAELERIE. (n. f., de paele, chaudron). Métier de chaudronnerie, confection de poêle à frire.

PAERS. Voir PACIARIUS.

PAGANISME. (n. m., lat. paganus, paysan, habitant un pagus). Nom donné par les chrétiens à partir du ive s., aux religions polythéistes, auxquelles les gens de la campagne restèrent longtemps attachés. Par extension : ce qui rappelle les tendances, les mours des païens, religion des Infidèles, ce qui n'est pas chrétien.

PAGE. (n. m., lat. pagium, de pagus, pays ?). 1. Valet au service d'un homme d'arme, il l'aidait à mettre son armure et gardait les chevaux pendant le combat. 2. À partir de Charles VI, jeune noble placé auprès du roi, d'un seigneur ou d'une grande dame pour apprendre le métier des armes, faire le service d'honneur.

PAGESIE. (n. f., du lat. pagare, payer). Au xIVe s., tenure collective partagée entre plusieurs détenteurs tous responsables du paiement du cens et des redevances.

PAGUS. (n. m., lat. pagus, pays, pl. -i). Territoire d'une cité ou subdivision de celle-ci dans les territoires romanisés. Il coïncide avec le comté à l'époque mérovingienne puis devient souvent une subdivision du comté à l'époque carolingienne.

PAHERS. Voir PACIARIUS.

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Q

 

QÂDÎ. (n. m., arabe). Voir CADI.

QAISARYA. (n. f., arabe). Halle publique dans les villes d'islam.

QANAT. Voir FOGGARA.

QARYA. (n. m., pl. qura, arabe). Hameau, village dépendant d'un hisn en territoire musulman.

QASABA. (n. f., arabe, citadelle). Ensemble fortifié dans les pays d'islam comprenant des palais, des casernes, des bâtiments administratifs destinés au logement du prince, de sa cour, de ses proches et de l'ensemble de son gouvernement et garde personnelle. Dans les empires berbères, la qasaba est toujours siruée à l'extérieur de la ville en lui étant accolée.

QASÎDA. (n. f., arabe). Poème arabe chanté d'une centaine de vers qui a pour thème principal la vie au désert. Un des fondements de la culture arabe écrite.

QARMATES. (n. m., arabe). Voir KARMATES.

QATÎ'A. (n. f., arabe, pl. qatâ'i). Forme de concession foncière découpée dans les terres d'État et accordée aux envahisseurs arabes, redevable de la zakât.

QIBLA. Voir KIBLA.

QINTAR. (n. m., arabe, du lat. centenarium). Unité de poids de 100 ratl.

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R

 

RABAD. (n. m., arabe). Au Maghreb, faubourg. Syn. lat. : vicus. Transposé en Espagne al-rabad est devenu arrabal, quartier, paroisse.Voir RAWMA.

RABDOS. (n. m., gr., baguette). Crosse d'évêque de l'Église orthodoxe ou bâton de l'higoumène d'un monastère. Surmonté de la croix entourée de deux serpents, il symbolise le bâton magique de Moïse.

RABBIN. (n. m., hébr., maître). Docteur de la Loi juive, à la fois juriste et pédagogue, chef d'une communauté, chargé de présider au culte (sans fonction sacerdotale).

RACHIMBOURG. (n. m., du germ. rath, conseil et bürge, garant). À l'époque mérovingienne assistants non permanents du comte dans l'exercice judiciaire. Hommes libres, au nombre minimum de sept, ils énoncent les lois et le mode de preuve. Charlemagne les remplace par les échevins (scabini), juges professionnels au ixe s.

RAD ou RATH. (n. m., saxon). 1. Conseil, assemblée. 2. Conseil municipal en Scandinavie. Le premier est mis en place à Rise en 1252.

RADANITES ou RHODANIENS. (n. m. pl.). Marchands juifs dans le sud de l'Empire Franc. Ils servent d'intermédiaire entre le monde de l'Orient et l'Occident.

RAGION ou RAXON. (n. m., ital., du lat. ratio). Droit (à Venise).

RAHL. (n. m., arabe). Hameau paysan en terre d'islam.

RA'ÎS. (n. m., arabe, pl. ru'asa). 1. En islam, chef, et plus particulièrement, chef de ahdâth. 2. Conducteur, capitaine de navire.

RAMADAN. (n. m., arabe, 9e mois de l'année de l'Hégire). Neuvième mois de l'année lunaire musulmane où le respect de certaines prescriptions religieuses, notamment le jeûne du lever au coucher du soleil, est particulièrement marqué. C'est un des cinq piliers (arkân) de l'islam, obligatoire pour tous les musulmans.

RAME (DROIT DE). Droit de couper les branches d'arbres (rames). On parle de ramillons s'il s'agit des rameaux de l'année.

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S

 

SABBAT. (n. m., lat. sabbatum, gr. sabbaton, de l'hébr. schabbat, repos). 1. Repos sacré consacré à Dieu que les juifs doivent observer le septième jour de la semaine (samedi). 2. Tapage nocturne. 3. Assemblée nocturne tenue par des sorciers sous la présidence de Satan où l'on se livre à la débauche.

SABELLIANISME. (n. m.). Hérésie de Sabellius (iie s.) niant la réalité de la distinction des trois personnes de la Sainte Trinité. Abélard en tente une réhabilitation détournée.

SABLE. (n. m.). Désigne le noir en héraldique.

SABOULEUX. (n. m., anc. fr., du lat. méd. sapo,-nis, savon). Nom donné à des mendiants qui sollicitaient la charité en se mettant un morceau de savon dans la bouche, ce qui leur permettait d'écumer comme les épileptiques (xive-xve s.).

SACELLAIRE. (n. m., du gr. sakellion, du lat. sacellus, trésor). Dignitaire byzantin. 1. Responsable du sakellion impérial. 2. Qui exerce au xe s. un contrôle sur tous les bureaux de l'administration de l'empire.

SACERDOCE. (n. m., du lat. sacerdotium, de sacerdos, prêtre). 1. Dignité et fonction des ministres d'un culte. Le ministère sacerdotal est confié dans l'Église aux successeurs des apôtres. Un rite d'investiture, le sacrement de l'ordre confère à ses membres un pouvoir sacré qui les habite pour le ministère, à la fois sacrificiel (sacramentel) et pastoral. 2. Par extension, le clergé, l'autorité du pape.

SACHETS (adj. et n.). Nom donné aux religieux et religieuses de l'ordre de la Pénitence de Jésus-Christ fondé en 1248 à Hyères en Provence, suivant la règle de saint Augustin et les pratiques franciscaines. Les " Frères du Sac " portaient une longue robe de laine avec un capuchon dont la forme leur donna le nom de sachet. Ils s'établissent à Paris en 1258. Concurrents avec un rapide succès des Franciscains et Dominicains, le concile de Lyon en 1274 leur ordonna de se fondre dans les ordres mendiants déclarés seuls reconnus.

SACHSENSPIEGEL. (n. m., all., " Miroir des Saxons "). Recueil de droit coutumier des " Saxons " mis par écrit en 1226 par Eike von Repgow.

SACRAMENTAIRE. (n. m.). 1. Livre qui contient les prières de la messe et celles récitées lorsqu'on administre les sacrements. Le sacrementaire grégorien est utilisé à partir du ixe s. 2. Nom donné aux hérétiques qui ont enseigné des erreurs touchant à l'eucharistie (le Sacrement).

SACRE. (n. m., du lat. sacrare, rendre sacré, de sacer, saint). Sacrement par l'onction d'huile sainte au cours d'une cérémonie religieuse pour la consécration d'un souverain. Il trouve son origine dans l'Ancien Testament : les rois d'Israël recevaient l'onction par un prêtre au nom de Dieu, devenant alors ses représentants sur terre. En Europe, le sacre apparaît au viiie s. dans le royaume wisigothique. Il est utilisé avec le sacre de Pépin le Bref à Reims en 751 (Soissons en 754) puis repris par ses successeurs. En 1089, le pape Urbain II reconnaît le privilège exclusif de sacrer le roi de France. Il s'agit de consolider la légitimité de la dynastie par une cérémonie à caractère religieux : le roi est d'essence divine. À partir du xiiie s. le rite se compose de : 1. La promesse. Une déclaration du roi qui promet bonne justice et protection de l'Église. 2. L'élection. Un vestige qui se réduit à une approbation du conseil des grands. 3. L'onction sur le front avec l'huile sainte. 4. Imposition de l'anneau. C'est le symbole de l'union du roi et du peuple. 5. La remise du glaive. 6. Le couronnement. 7. La remise du sceptre. L'oint de Dieu place le roi au dessus de tous les autres mortels. Les premiers Capétiens font sacrer leur fils de leur vivant, puis cette association au trône cesse avec la reconnaissance de la dynastie. Philippe Auguste est ainsi, en 1179, le dernier roi sacré du vivant de son père.

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T

 

TABAQAT. (n. m., arabe). Dictionnaire biographique traitant des personnes illustres. Ce genre littéraire vit le jour au xe s. et fut très florissant dans le monde islamique.

TABARD ou TABAR. (n. m., du gr. tamparion). Manteau d'étoffe grossière porté sur l'armure.

TABELLION. (n. m., du lat. tabella, tablette). Clerc assistant une juridiction seigneuriale laïque ou ecclésiastique, établi à partir du xiiie s. dans une charge de juridiction. À partir de 1270, Philippe III en établit dans les bailliages et sénéchaussées du royaume. Une ordonnance de 1319 ne reconnaît plus que les tabellions royaux, mais la plupart resteront en place auprès des princes. Voir NOTAIRE.

TABELLIONAGE. (n. m.). Service d'écriture auprès de chaque juridiction détentrice du sceau, dirigé par un tabellion juré ou aidé d'auxiliaires, notaires.

TABÎB. (n. m., arabe). Médecin en terre d'islam.

TABLES ALFONSINES. (loc. f., pl.). Célèbre livre de comput astronomique attribué au roi de Castille Alfonso el Sabio, Alphonse x le Savant et non le Sage (1252-1284). Voir ASTROLABE, SPHÈRE ARMILLAIRE.

TABLETTE. (n. f.). Plaquette de bois ou de métal enduite de cire. Servait de support d'écriture à des notes dont la conservation n'était pas jugée nécessaire, de bloc-note. Parmi les plus célèbres et rares à être parvenues jusqu'à nous, les tablettes des comptes de l'Hôtel royal sous saint Louis.

TABLIER. (n. m.). 1. Face d'un piédestal qui porte des décorations sculptées. 2. Partie du pont-levis qui s'abaisse.

TABORITES. 1. Faction radicale de l'armée hussite. Elle tirait son nom du mont Tabor dans la Bible, du lieu où elle s'installa et que ses membres baptisèrent ainsi. Elle apparut en 1419 à Prague. La doctrine des taborites condamnait le culte des saints, demandait la confiscation des biens de l'Église et retenait comme seuls sacrements le baptême et l'eucharistie. Ils recrutèrent dans le monde urbain. Ce mouvement fut chassé de Prague en 1422 et vaincu en 1434 par une armée de hussites à Lipany. Il disparut en 1452, lors de la prise de Tabor. Voir HUSSITES. 2. Dans le christianisme oriental la lumière du Tabor (celle de la Transfiguration) est la vision recherchée de l'hésychasme. Voir ILLUMINATION.

TÂCHE ou TASQUE. (n. f., du lat. taxa). Syn. de champart dans le centre et le Midi de la France, équivalent en général à 1/4 des gerbes. Dans la Péninsule ibérique, la tasca équivaut au 1/15e de la récolte. Voir DIEZMO, CALCATURA.

TACRE. (n. m.). Quantité de dix peaux qui formaient un seul ballot.

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U

 

UCHAU. (n. m., anc. fr.). Part négociable d'un capital, action telle par ex. une part de moulin rapportant un dividende en nature (grain, farine) ou en argent (xive s.).

ULAMA, ULÉMA ou ULANA. (n. m., de l'arabe oulamâ, savant). Voir ALIM.

'ULUM. Voir 'ILM

UMAYYADES. Voir OMEYYADES.

UMBO. (n. m., lat.). Bouclier et plus particulièrement sa partie centrale bombée et généralement métallique servant à le tenir.

UMMA ou OUMMA. (n. f., arabe). La communauté musulmane.

UMRA. (n. f., arabe). Petit pèlerinage à La Mecque.

UNICORNE. Voir LICORNE.

UNIVERSAUX. (n. m. pl.). Nom sous lequel les scolastiques désignaient les idées ou les termes généraux qui servaient à classer les êtres et les idées. Les universaux furent à la base d'un débat fondamental sur la langue et la philosophie qui opposa, au xiie s., Abélard et Guillaume de Champeaux. Voir NOMINALISME, TERMINISME.

UNIVERSITÉ. (n. f., du lat. universitas, universalité). 1. Tout groupe de personnes ayant un lien organique ou une commune appartenance. 2. Par suite, communauté des maîtres et étudiants qui forment corporation (fin xiie-xiiie s.). Reconnue en 1200, l'Université de Paris obtint en 1213 les principaux privilèges consacrant son indépendance intellectuelle et juridique ; le sceau ne lui est autorisé qu'en 1246. En Europe, les plus anciennes universités sont celles de Bologne, Oxford, Paris, Montpellier, Palancia, Salamanque, Valladolid, d'Angers, Coimbra et Naples.

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V

 

VACANCE. (n. f., du lat. vacare, être vide). Période durant laquelle une charge, un office ou un bénéfice sont laissés sans titulaire.

VACANTS. Revenus des églises vacantes perçus entre la vacance et la collation du nouveau bénéficiaire.

VAILLANT. Voir COMPOIX.

VAIR. (n. m., du lat. varium, varié, bariolé, tacheté). 1. Fourrure d'écureuil, très appréciée au xiiie s., dont on fit des manteaux de luxe et des parures. Voir GRIS. 2. Cheval tacheté.

VALET. (n. m., du lat. méd., vassellitus). 1. Jeune homme apprenant le métier des armes. 2. Personne, ayant appris un métier, exerçant celui-ci auprès d'un maître, généralement en temps que salarié.

VALET DE CHAMBRE. Titre honorifique s'appliquant à l'entourage de la chambre du roi.

VALOIS. (adj. et n. m.). 1. Région située entre Compiègne et Laon autour de Soissons. 2. Apanage donné par saint Louis à son fils Jean, puis à Charles fils de Philippe iii. 3. Branche capétienne issue des ducs de Valois accédant à la royauté en 1328 avec Philippe vi (? 1350) fils de Charles de Valois et neveu de Philippe iv le Bel : les trois fils de ce dernier (Louis x le Hutin, Philippe v le Long et Charles iv le Bel) étant morts sans descendance male. Il règne en ligne directe jusqu'à la mort de Charles viii (? 1498) auquel succède alors son cousin duc d'Orléans sous le nom de Louis xii.

VALLANIA. (n. f. pl., du gr. balanos, gland). Baies du chêne-kermès utilisées en tannerie et en teinturerie.

VANTAR. (n. m., esp.). Dans la Péninsule ibérique, droit d'hébergement dû au seigneur. Syn. : hospedaje.

VARÈGUES. (adj. et n., scand., voering, russe, varjag). 1. Marchands puis soldats aventuriers d'origine scandinave. En contact avec les Grecs et les Musulmans à partir du ixe s., s'implantent en colonies dans les villes russes. Ils créent une dynastie à Kiev dominant l'immense région de la Vistule au Lac Ladoga. 2. Désigne les Nordiques à Constantinople. L'empereur avait une garde varègue.

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W

 

WAIDIER. (n. m.). Marchand de guède, c'est-à-dire de pastel.

WÂ'IZ. (n. m., arabe). Prédicateur populaire en pays d'islam. Voir KATÎB.

WÂLÎ. (n. m., arabe). Gouverneur civil et militaire en charge d'une province.

WALHALLA. (n. m., scand.). Dans la religion scandinave, demeure d'Odin, créateur du monde et des héros qui continuent à y combattre, les morts ressuscitant lors des festins servis par les walkyries. Il comprend 140 portes chacune large de 8 hommes, un toit de boucliers resplendissants, des murs de lances et de glaives dont les éclairs illuminent le vaste espace.

WALLON. (n. m., du francique walha). Pour les Francs, celui qui parle une langue dérivée du latin.

WANDELART. (n. m., flam.). Pillard.

WAQF. (n. m., arabe). Fondation pieuse inaliénable et irrévocable garantie par la loi religieuse, au profit de mosquées, écoles, etc. Syn.: habous.

WAREC. Voir LAGAN.

WATERGANG. (n. m., anglo-saxon). Système d'organisation des ouvertures et fermetures des vannes d'un polder.

WATERINGUE. (n. m., flamand). Association chargée de l'entretien des digues des polders et du contrôle des watergangs.

 

X

 

XARICOS. Voir EXARICOS.

XÉNODOCHEION. (n. m., n. en gr., abri des hôtes ou étrangers) ou xENODOCHIUM. (n. en lat.). Asile, lieu d'assistance au haut Moyen Âge, généralement monastique ou épiscopal. Voir HÔPITAL.

XÉNOPARÈQUE. (n. m., du gr., parèque venu d'ailleurs). Dans l'empire byzantin, éleuthère vagabond placé sur un terre. Syn. gr. : proskathèménos.

 

Y

 

YANTAR. (n. m., esp.). Droit de gîte dans la Péninsule ibérique.

YARDLAND. (n. m., angl.). Mesure de superficie anglaise variant selon les différents comtés entre 15 et 40 acres.

YARLIK. (n. m.). Lettre de grâce, sauf-conduit obtenu des souverains mongols (xiiie s.).

YEOMAN. (n. m., anglais). Paysan anglais libre et généralement propriétaire de sa terre.

YESHIVA. (n. f., héb.). École talmudique dans une synagogue ou chez un rabbin, chargée de l'éducation religieuse des enfants.

YSOPETS. Voir ISOPET.

YUGADA. (n. f., esp.). Mesure de superficie dans le Sud de la Péninsule ibérique : la jouguée, valant entre 24 et 32 ha.

 

Z

 

ZADRUGA. (n. f., slave). Dans les territoires russes, familles larges constituées de paysans libres (smerd), possédant la terre en commun.

ZAFALMEDINA. (n. m., esp., de l'arabe sahib al-madina). Préfet d'une ville, agent royal dont le titre hispanisé prolonge l'autorité arabe antérieure.

ZAOUIA. (n. f., arabe). Confrérie en terre d'islam.

ZAYDISME. (n. m.). Doctrine musulmane inspirée par Zayd, fils d'Husayn, conciliant la légitimité des successeurs d'Alî et la reconnaissance de ce successeur par sa piété, sa science et sa bravoure guerrière. Après l'insurrection soutenue par ce courant en 864-884, Husayn ibn Zayd forme un émirat au Tabaristan, un autre s'instaure au Yémen. Voir SHI'ISME.

ZAKÂT. (n. f., arabe). Aumône légale due par tout musulman à partir d'un minimum imposable. Correspond, en général, au dixième des revenus.

ZAPPA. (n. f., lat. méd. et ital.). Houe, binette en Italie méridionale.

ZEAMET. (n. m., turc). Concession du type du timar, généralement faite à un haut fonctionnaire dans l'empire ottoman représentant un revenu compris entre 20 000 et 100 000 akçe. Voir HASE.

ZECCA. (n. f., ital.). Atelier monétaire, plus spécialement celui de Venise.

ZECCHINO. Voir DUCAT.

ZEIDLER. (n. m., all.). Forestier apiculteur en Germanie doté d'importants privilèges (fiefs héréditaires en bois, justice, franchise d'octroi dans les villes libres) révélateurs des besoins en miel.

ZÉLOTES. (adj. et n. m., du gr. zêlos, ardeur). 1. Parti des moines radicaux (acribistes), partisans de la plus stricte othodoxie et adversaires des iconoclastes à Byzance. 2. À Thessalonique en 1342, nom donné aux agitateurs populistes.

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