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Robert Le Quillec, La Commune de Paris. format 15,5x24 cm, 426 pages, ISBN 2-910828-08-5, 145 francs français, 22 euros© Boutique de l'Histoire éditions 1997Ce titre est épuisé, une nouvelle édition augmentée est en préparation. |
Cette bibliographie de la
Commune est avant tout pratique, pour le collectionneur d'ouvrages sur la Commune (d'où
le détail des diverses éditions avec leurs caractéristiques) comme pour le
spécialiste, étudiant ou enseignant. Bien entendu, elle n'ignore pas mais complète
lorsque c'est nécessaire les travaux de DEL BO, SCHULKIND et ROUGERIE.
Les quelques 2 600 entrées de cette bibliographie se composent :
- des noms d'auteurs d'ouvrages ou d'articles de revues ;
- des titres d'ouvrages anonymes ou à contributions multiples (qui n'ont pas été crédités à un auteur, directeur de la publication) ;
- des titres des journaux et revues
Robert LE QUILLEC est ancien fonctionnaire de la Ville de Paris, titulaire d'un DES de droit public et d'un des de sciences politiques. Il collectionne les écrits sur la Commune depuis trente ans.
La Commune est morte !
Vive la Commune !
par Alain Dalotel
Quand on m'a demandé de faire une préface pour cette nouvelle bibliographie de la Commune de 1871, j'ai accepté immédiatement sans réaliser, même l'instant d'un vertige, la difficulté d'une telle entreprise.
En effet, que pouvais-je bien " écrire " sur ces milliers de livres et d'articles qui se sont accumulés depuis 125 années sur cette Révolution ? La lecture de la bibliographie en question, donc celle de Robert Le Quillec, ci-après, ne m'a guère rassuré. Si elle est avant tout l'ouvre d'un collectionneur acharné, elle est aussi celle d'un partisan. Compte tenu du fait qu'il se range avec passion du côté de la Commune, l'auteur a marqué de son empreinte les pages de sa bibliographie. Il est clair que, malgré ma sympathie pour les Communards et les Communardes, je ne saurais reprendre à mon compte un certain nombre de ses jugements. L'historien, me semble-t-il, doit faire feu de tout bois et par conséquent ne négliger aucunes sources imprimées même lorsque celles-ci sont réputées réactionnaires. Il n'est pas là pour donner des notes à tel ou tel livre, en fonction d'un choix sentimental, mais pour les analyser tout en les replaçant dans une problématique plus vaste.
Je souligne ici que R. Le Quillec, bien que n'ayant pas caché ses sentiments, ce qui est tout à son honneur, ne s'est par contre livré à aucune espèce de censure. On trouvera dans sa bibliographie le maximum d'écrits concernant son sujet.
Cet essai d'envergure nous montre en tous cas que les sources imprimées relatives à la Commune de 1871 sont considérables et qu'un certain nombre d'auteurs ont continué à écrire sur la question et ce jusqu'à nos jours. Le 125ème anniversaire, en 1996, malgré le fait, souligné par Jacques Rougerie, qu'il n'était pas " rond ", a tout de même suscité quelques travaux historiques. Ils se sont directement superposés aux commémorations célébrées dans plusieurs arrondissements de Paris gérés par la Gauche. Disons le sans détours: les historiens et les politiques ne sont pas toujours forcément sur la même longueur d'onde dans ce genre de manifestations, malgré toute leur bonne volonté. Si, comme tend à le prouver le débat qui s'est timidement amorcé autour du phénomène communard, l'événement-1871 garde sa puissance émotionnelle, nous ne sommes pas politiquement aujourd'hui dans un contexte favorable à sa compréhension. Le renouveau commémoratif est sans doute davantage provoqué par l'actualité politique que par un retour aux sources. En outre, la Commune de 1871 reste trop singulière pour servir de modèle, surtout à une politique aux aspirations unitaires.
S'il y a eu tant d'ouvrages sur la Commune c'est évidemment parce que ceux qui ont voulu être ses héritiers sont nombreux; l'éventail idéologique est parfois surprenant. Le mythe a quelquefois masqué la réalité. En effet, si globalement, il est possible de dire que c'est la Gauche, au sens large, qui s'est réclamée de la Commune, on trouvera aussi dans ses admirateurs et ses zélateurs des nationalistes d'extrême-droite. Le patriotisme des Communards, l'antisémitisme déclaré de certains à la fin du XIXe siècle, ont pu nourrir ce culte qui peut paraître étrange.
On croit bien connaître la Commune, on pense que tout a été fouillé - il y a eu tant de livres !- et l'on découvre un jour ou l'autre qu'en fin de compte le Communard de base a plus ou moins échappé à ces milliers d'écrits sur 1871. L'historiographie nous donne une clé : une majorité écrasante de ces livres a vu le jour pour des motifs politiques. Publiés en principe pour ou contre la Commune, ils ont parfois été un élément de la lutte politique. Versaillais et Communards ont croisé le fer ou plutôt la plume dès 1871, ensuite les radicaux sont apparus en vitrine pour la défense de l'amnistie. Après ce temps fort, la Commune est devenue une référence dans laquelle le mouvement ouvrier en général a largement puisé sa légitimité. Aux témoignages des protagonistes des différents courants ou des individus indépendants ont succédé les prises de positions des partis, la Commune ne devenant la plupart du temps qu'un mythe politico-social à géométrie variable. En effet, directement derrière l'immense majorité de ces écrits, même lorsqu'ils ont l'air innocents ou " scientifiques ", se dresse le périlleux problème du pouvoir.
Bien entendu, cela ne veut dire en aucune manière qu'il faudrait ignorer cette montagne de livres. Il est au contraire absolument nécessaire de les étudier avec des yeux critiques en rendant à César ce qui est à César et de les confronter avec d'autres sources, manuscrites notamment.
Aux lendemains des événements de 1968, qui avaient, par leur atmosphère de révolte et de libération, ouvert la voie à un revival de la Commune, on avait vu se poser, à l'occasion du 100e anniversaire, un certain nombre de questions concernant la façon de l'étudier et d'en rendre compte. Débats et colloques, allaient se succéder, parfois concurrents. L'entretien réunissant Jean Bruhat, Max Gallo, Jacques Rougerie, Georges Soria et Pierre Daix dans les colonnes des Lettres françaises intitulé Comment écrire l'histoire de la Commune en 1971? est révélateur. Il aurait pu être une empoignade entre d'un côté Jacques Rougerie et Max Gallo - le premier ayant dans son Procès des communards qualifié la Commune de " crépuscule ", le second estimant dans Tombeau pour la Commune qu'il convenait de laisser en paix les Communards - et de l'autre les historiens " marxistes " Georges Soria et Jean Bruhat, l'un auteur d'un monumental ouvrage La Grande Histoire de la Commune, l'autre co-auteur avec Jean Dautry et Emile Tersen de l'un des grands classiques du genre : La Commune de 1871. Il ne sera qu'une docte passe d'armes entre frères ennemis arbitrée par Jean Bruhat ; ce débat tourne à la conciliation. Le mot " mythe " n'est pas appliqué une seule fois à la Commune. Ocumenisme et stratégie obligent.
Ce qui ressort surtout de cette discussion, à mon sens, c'est le fait qu'elle est dominée par la question du pouvoir. Lorsque Max Gallo constate que le communeux de base est " difficile à saisir ", que Rougerie exprime son désir de mieux connaître le bon Communard c'est-à-dire le " militant ouvrier " affirmant par ailleurs avoir cerné le mauvais Communard, ce " sans culotte " passéiste, que Jean Bruhat estime, en accord avec Rougerie, que les hommes de l'AIT étaient partout, que Georges Soria enfin, parlant de la Commune, la confond, à un moment donné, avec les élus de l'Hôtel de ville, ce n'est pas accidentel. Nous trouvons également ici - c'est normal vu l'époque - un point de vue responsable sur l'Etat, ce qui va de pair avec cette négation de la démocratie directe de 1871 par Rougerie " je ne l'ai jamais vu réalisée vraiment (...) Si l'on parle par exemple, pour 1871, de ces redditions de compte qu'exigeaient les mandants de leurs mandataires, je n'en vois que deux, trois cas au maximum " et sa mise en cause par Bruhat : " il y a un conseil général de la Commune, il y a des formes de démocratie directe. Evidemment les rapports entre les niveaux ne sont ni idylliques, ni toujours fraternels ". G. Soria, pour sa part, évoque le " désordre administratif ".
Soyons clair : ce qui gêne les historiens et les politiques dans la Commune, ce ne sont pas les petits noyaux d'internationaux, d'ailleurs surévalués, mais bien les Communards de base qui décidément ne sont pas une matière malléable. Si l'on est habité quelque part par une logique du pouvoir, il faut exclure ce barbare anarchique et incohérent car il n'y a pas de place pour ceux qui n'entrent pas dans un schéma sociologique bien ordonné. Par ailleurs, je crois utile de souligner que les " méthodes modernes ", auxquelles il est fait allusion dans le débat avaient été introduites par le rapport du général Appert, quant à l'étude des listes électorales elle n'était qu'une impasse tout simplement parce que tous les Parisiens, contrairement à ce que l'on a souvent cru ou dit, pour la bonne cause, n'étaient pas des insurgés.
Le colloque universitaire pluridisciplinaire, qui allait se tenir en mai 1971, pour commémorer 1871, devait, bien évidemment, revenir sur le problème des sources. N'y avait-il pas dans cette rencontre une centaine de professeurs, de chercheurs et d'archivistes ? Si, dès l'introduction, l'on avait pu entendre Jacques Droz, se féliciter des potentialités qui s'offraient aux chercheurs : " nous disposons aujourd'hui d'un matériel déjà important pour étudier la Commune ", on devait ensuite reconnaître qu'il n'était pas possible en deux jours et demi " de faire une étude totale, une description complète de tous les problèmes que pose cet événement ".
Rougerie, pourtant déjà riche de son Procès des communards et de Paris libre, fruits d'une recherche phénoménale, admettait que la connaissance des Communards inconnus, ces " humbles combattants " ne faisait que commencer. Etait-ce parce que l'on en était encore à l'époque du recensement qui n'est pas encore l'étude mais sa condition nécessaire? (" le Maitron " est remarquable ; il n'est qu'un outil). Non, pas seulement car si, effectivement, comme allait le souligner Rougerie dans un article-bilan des commémorations de 1971, il y avait certainement des papiers en des lieux ignorés ou des sources manuscrites négligées, et qu'il existait aussi une bonne volonté d'étudier les questions encore insuffisamment ou non traitées comme les quartiers et les " combats militaires " - étant donné que l'histoire de l'Assemblée communale était " très loin d'épuiser toute l'épaisseur de la vraie Commune " - cela n'était pas le problème de fond. Dans ce même article J. Rougerie évoquait " l'historiographie marxiste " et reconnaissait qu'il l'avait provoqué avec son Procès des communards (1964). Pouvait-il toutefois affirmer qu'il y avait d'un côté les politiques et de l'autre les universitaires ? Une discussion dans laquelle il était cité comme faisant partie " des gens qui tout en rejetant le marxisme lui empruntent une partie de sa méthodologie " rassemblait trois universitaires communistes de renom : Claude Villard, Jean Bruhat et Jacques Girault. La remarque en question n'était pas méchante, presque positive, mais tout de même ! Lorsqu'en 1973, les 621 pages de Jalons pour une histoire de la Commune de Paris furent publiées, Rougerie fit part, dans son avant-propos, d'une crainte concernant l'ambition des auteurs à faire " revivre " les " Communeux " de 1871 : " la tâche était redoutable d'ailleurs ".
Pourquoi " redoutable " ? A cause du peu d'étudiants qui pourraient être lancés dans les maîtrises nécessaires à une véritable connaissance de la Commune " au ras des quartiers " ? Les travaux postérieurs à 1971, cités dans la bibliographie de R. Le Quillec, montrent que la Commune n'a pas vraiment fait recette sur le plan universitaire chez les étudiants. Il serait d'ailleurs peut-être intéressant d'analyser ces blocages. Mais ce n'est pas finalement ce manque de " collectif " qui semblait désigné comme " redoutable " par J. Rougerie. Ce qu'il craignait c'était les réactions par rapport aux travaux prenant pour sujet le " mythe de 1871 ". A cette époque, la roue de l'histoire n'avait pas encore broyé les gardiens de la légende : l'URSS existait toujours et les groupes révolutionnaires, les gauchistes, étaient partout. Au nom de la lutte de classes, il ne fallait pas désespérer Billancourt en touchant aux symboles sacrés. La Commune ayant été expliquée et définie par les grands ancêtres, il paraissait sacrilège de prétendre ajouter quoi que ce soit sur le fond par des analyses forcément " fumeuses ".
Précisons le ici, cela ne veut pas dire que tous les " gardiens de la légende " étaient malhonnêtes. Non, beaucoup avaient la foi et s'intéressaient sincèrement et amicalement à la Commune. On le sait, rien n'est jamais ni entièrement noir, ni entièrement blanc.
L'Association des Amis de la Commune de Paris (1871) allait lancer en 1975 une revue La Commune qui comptera 16 numéros. Jean Bruhat, historien du Mouvement ouvrier et communiste ouvert, succédait bientôt comme Président à Jacques Duclos décédé, et la revue, tout en gardant son attachement sentimental pour les héros de la Commune et politique pour " la grande et noble cause du socialisme ", ouvrait ses colonnes à des chercheurs comme Marcel Cerf, Jacques Rougerie, Jean Maitron, Robert Brécy, etc. Et Jean Bruhat pourra proposer des champs d'étude " à labourer ", appelant les étudiants à rejoindre la revue. La politique ne perdait pas toutefois ses droits et Bruhat lui-même faisait allusion à l'Union de la gauche en gestation et au " capital d'initiative politique qu'il y a en France ". Les brochures publiées par l'Association à l'occasion du 125ème anniversaire ne contredisent pas les choix de cette époque. Claude Villard, dans un rapide interview au journal L'Humanité, sous le titre La Commune de Paris n'est pas morte, a fait l'éloge de cette " véritable démocratie ", " authentique ", fonctionnant par le " mandat impératif " et la " révocabilité des élus ", ajoutant : " Le "ministère des masses" s'exerce par L'Intermédiaire des clubs et de la presse (...) L'armée c'est le peuple en armes qui élit ses officiers. Même chose pour la police. La Commune met en évidence le rôle des masses dans la démocratie ". Un discours chaleureux qui transcende quelque peu l'événement.
Reconnaissons toutefois qu'il n'est pas si facile d'effectuer un travail neutre et objectif lorsqu'il s'agit de la Commune. Un certain nombre d'auteurs, tout en mettant en chantier une recherche scrupuleuse n'ont pu se libérer de leurs passions qui se sont confondues avec leurs idéaux. Citons ici Lissagaray et même Lucien Descaves. Mais il y en a bien d'autres et ce jusqu'à nos jours. A leur décharge, il faut bien admettre qu'il est difficile de badiner ou de conceptualiser avec une guerre civile même plus d'un siècle après. On reste attaché à la Commune, cette affaire de famille toujours "brûlante".
Cette réalité continue de gêner l'appréhension du phénomène par les intellectuels. Certains pensent que l'on doit défendre les légendes qui seraient des garanties contre des dérives réactionnaires. Régis Debray, ex-révolutionnaire devenu conseiller du Prince, s'inquiétant en 1984 de la " déculturation républicaine ", s'écriait : " Ne tirez pas sur le mythe ". Son article replaçait la Commune dans l'histoire républicaine dont elle devenait un épisode : " Si on ne va plus au mur des fédérés, on va au Sacré-cour ". Le Mur mériterait donc de la nostalgie mais pas une analyse. Dans ce point de vue d'un homme qui avoue aujourd'hui être venu à la République par la Révolution, on s'aperçoit que ce lieu de mémoire est devenu celui d'une République au ventre mou et non celui de la " Sociale ". Si la Commune reste cependant chez lui une valeur il faut tout de même noter que son Communard de référence est Vallès donc une élite, en tous cas l'un de ces gérants qui procédaient du Pouvoir. Les Communards du rang restent dans l'ombre. D'ailleurs, la barricade qu'il cite dans son ouvre est celle du tableau de Delacroix La liberté guidant le peuple, non celle de Steinlein. Elle représente cette Révolution tricolore de 1830 que la bourgeoisie peut revendiquer. Roger Bellet et Philippe Régnier, dans leur courageuse préface de Ecrire la Commune, aux éditions du Lérot, 1994, ont tenté de dépasser ces inconscientes contradictions. Soulignant la persistance de l'étrangeté de la Commune comme " objet historique ", ils en concluent que " L'énigme de la Commune est assurément dans la longue incapacité de l'histoire et des historiens d'en dégager au moins le noyau historique ". Selon eux, c'est la littérature, et non l'histoire, qui a révélé la nature de la révolution de 1871.
Je note cependant que le " noyau historique " qui aurait tout de même fini par être dégagé et dont ils nous parlent est par bien des points discutable voire carrément douteux. Il ne s'agit pas là d'une question d'exhaustivité mais d'une question d'approche. On retrouve ici nombre de mythes non identifiés par beaucoup d'historiens pour des raisons politiques et idéologiques : le 18 mars, une journée imprévue presque pacifique, des élections tout à fait " légitimantes " quelques jours plus tard, des combattants " plus civils que militaires ", " une époque joyeuse et jubilatoire ", etc. Il serait facile de prendre le contre-pied de ces interprétations car le 18 mars n'est pas un accident dû à de simples circonstances. Il y a eu le premier siège avec ses journées insurrectionnelles pour la Commune mais surtout une période de double pouvoir qui a précédé le soulèvement final. Ses instigateurs, en partie, sont bel et bien des révolutionnaires qui entendaient s'emparer du pouvoir militairement et ceci depuis la fin du second Empire. Ce n'est pas un hasard s'ils se sont taillés des fiefs dès septembre 1870 dans la Garde nationale. Le 18 mars enfin n'est pas une journée pacifique : deux généraux sont fusillés à Montmartre, des barricades garnies de canons sont érigées dans les quartiers populaires et ce sont des colonnes armées qui s'emparent des bâtiments publics. Les élections du 26 mars sont plus légitimes que légales. Ce scrutin qui suit une prise de pouvoir par les armes, montre que les Parisiens ne sont pas unanimes à soutenir la Commune et cela n'ira qu'en empirant. N'oublions pas que le drapeau des Communards est rouge et non tricolore.
Sur le chapitre des combattants, qui seraient " plus civils que militaires ", il y a aussi beaucoup à dire. La Garde nationale fédérée qui combat sous un uniforme est une " armée rouge " très démocratique mais paradoxalement très hiérarchisée. Elle a été fort peu étudiée par les historiens malgré des sources gigantesques. C'est dommage et même regrettable dans la mesure où la Garde nationale est précisément l'un des milieux du pouvoir populaire : " Que l'on soit toujours citoyen et soldat " écrit le journal Le prolétaire, faisant écho à l'éloge sans réserve adressée par André Léo dans la Sociale aux " 6o ooo soldats de l'idée ". L'analyse de la question militaire sous la Commune est révélatrice de sa nature profonde. Si l'on veut trouver des Communards de base il faut aller les chercher au sein des bataillons.
La Commune a été " une époque joyeuse et jubilatoire ". C'est vrai que l'on en a fait " le temps des cerises ", puis, avec notamment des livres parus vers 1968, une sorte de vaste fête, un happening géant, et l'on cite souvent - Vallès est passé par là - la journée qui a vu sa proclamation. Il faut pourtant faire attention car cette ambiance festive, ce moment de libération, n'a pas duré. Dès l'échec de la sortie d'avril, avec ses morts et ses prisonniers, on devine que la partie est perdue. Si certains journaux communards comme le Cri du peuple de Vallès multiplient les bobards triomphalistes, d'autres sont conscients assez vite de la menace d'une reprise de la ville par l'armée de Versailles. La Commune n'est pas, comme l'on a parfois voulu nous le faire croire, une partie de rigolade carnavalesque : l'on ne fait pas de farandoles dans les rues de Paris et encore moins au fort d'Issy. La guerre civile n'est pas fraîche et joyeuse. Les tragédies n'engendrent pas la gaieté. Les cadavres qui s'entassent dans les casemates et les amphithéâtres des morgues ne font rire personne.
Tout cela, certes, doit encore faire l'objet de débats mais surtout doit encore être étudié. L'ambiguïté incontournable de nombre de facettes de la Commune ne peut expliquer tout. C'est aussi pour cette raison qu'il apparaît indispensable aujourd'hui comme on nous le suggère ici et là, de réfléchir ensemble pour définir de nouveaux outils d'analyse, non que l'on veuille réviser l'histoire en jetant par dessus bord les concepts dont nous nous sommes largement servi, tel celui de " classes sociales ", mais nous devons aller plus loin; celui de Pouvoir, comme système, pourrait être pertinent, à condition de le rendre opératoire dans le travail de recherche. Mais y aurait-il finalement, dans le phénomène communaliste, deux sortes de pouvoir, l'un, traditionnel, reconnu et accepté par la " classe politique " qui assure un rôle dirigeant, et comprenant donc le " contre-pouvoir ", et l'autre, redouté par celle-ci, le pouvoir populaire, que l'on nommera " démocratie directe ". Ce dernier pouvoir, incontrôlable, fait peur à tous ceux qui veulent gouverner d'en haut. L'idée de " révocabilité des élus ", qui va de pair avec le " mandat impératif ", et que l'on a vu ressurgir, tel un spectre, à l'occasion du 125ème anniversaire, est forcément pour eux irrecevable, c'est un cauchemar. L'affaire n'est pas nouvelle. Tout le débat, très politisé, qui, à propos de la Commune, tourne depuis le XIXe siècle, autour des notions de " gouvernement de la classe ouvrière " ou de " dictature du prolétariat " reflète ce problème. Le " véritable secret " de 1871 n'aurait-il pas été précisément ce comportement populaire des Communards face à ceux qui voulaient les commander, le refus de la domination par le prétendu Savoir-Pouvoir de ces nouveaux dirigeants. Et ici ce n'est pas une simple plaisanterie d'exégète. En effet, contrairement à ce que l'on a pu penser, la Commune n'a pas " surtout " tenté de pratiquer un nouveau style de relations entre gouvernants et gouvernés car dans ce cas il n'aurait existé de Commune qu'à l'Hôtel de Ville. En fait, la Commune était, avant tout autre chose, un phénomène de pouvoir populaire. La Commune c'était le fédéré, le clubiste, la femme en révolution, l'enfant rebelle. Une question de milieu plus que d'institution. Plus encore, c'était une affaire d'individus, de personnes, comme tout chercheur lucide pourra le découvrir dans les cartons. Cette constatation est susceptible de l'amener à repenser le problème du Pouvoir. Les " mandataires " n'étant rien pour les mandants, de purs " commis ", il n'était pas question de les laisser pondre d'admirables décrets ou de faire des expériences de laboratoires politiques avec le peuple en instituant de nouvelles règles pour le " Gouvernement des hommes ". " Nous avons les maîtres en horreur, de quelque masque qu'ils osent se couvrir " proclame le journal Le Prolétaire numéro 2 du 15 mai 1871 avant de préciser dans son numéro 3 du 19 mai: " Serviteurs du peuple ne prenez pas de faux airs de souverains ; cela ne vous sied pas mieux qu'aux despotes auxquels vous avez succédé. Majorité ou minorité, que nous importe! Vos personnes sont de peu de poids dans les balances de la Commune. Le peuple est las des sauveurs ; il entend dorénavant discuter leurs actes. " Une approche de la Commune par ce qu'il est convenu d'appeler le " personnel révolutionnaire " ne peut donc mener qu'à l'impasse car sa réalité ne peut se limiter à une " élite " représentative.
Pour mettre la Commune en perspective nous devons aussi ouvrir de nouveau tous les livres pour en faire une relecture attentive, comme en ont d'ailleurs pris l'initiative un certain nombre d'auteurs autour de P. Régnier et R. Bellet, mais il faut aussi se plonger dans les cartons, les manuscrits, les journaux de 1871. Des milliers de dossiers, collectifs ou individuels attendent les chercheurs, notamment aux Archives de la guerre et aux Archives de la Préfecture de police. Ils y trouveront une mine fantastique sur la société de cette époque et pas seulement sur les révolutionnaires. Si l'on veut Repenser le XIXe siècle et la Commune en particulier, il faudra aller au charbon et pas seulement à quelques-uns : cet élan productif est impératif car il reste beaucoup à faire pour étudier cette guerre civile qui jusqu'ici a rebuté trop d'historiens. Lorsque, à l'occasion du 125ème anniversaire, Jacques Rougerie a déclaré que " depuis 1971 la France n'a pas produit de travaux majeurs sur le sujet ", il ne peut en être véritablement étonné - il a dépouillé suffisamment d'archives et disséqué de livres pour savoir qu'une personne seule ne peut venir à bout d'une histoire totale de la Commune de 1871. La synthèse est problématique. Des questions fondamentales demeurent en effet sans réponses. Avec sagesse, Jean Bruhat nous avait avoué, en 1982, dans son essai autobiographique : " cette Commune n'a jamais cessé de m'interroger ". Le temps serait-il venu d'une " histoire apaisée " comme semble le souhaiter l'un des derniers historiens de la Commune ? La tension entre Politique et Histoire n'a pourtant pas encore tout à fait disparue.
Ces considérations, tout le monde l'aura compris, ne sont ni une entrave à la joie de lire, ni un obstacle à la volonté de savoir : elles ne sont en vérité qu'une aimable invitation à la réflexion et à l'action pour ceux qui en auraient éventuellement le désir.
Avant de s'affronter aux sources de première main il me paraît tout à fait nécessaire de se familiariser avec les publications imprimées d'autant plus que beaucoup d'entre elles reproduisent les textes de l'époque, qu'ils émanent de Communards ou de Versaillais.
Cette bibliographie sur la Commune doit donc être un guide pratique, non seulement pour l'amateur d'écrits sur cet événement, mais aussi pour l'enseignant ou l'étudiant qui décide d'effectuer une première recherche. Il va de soi que ce travail, malgré son impressionnante ampleur, ne pouvait pas être absolument exhaustif. Un certain nombre d'ouvrages sont inévitablement passés au travers des mailles du filet ; revues et journaux contiennent encore de nombreux articles qui ne figurent pas ici ; leur dispersion nécessite un autre investissement. Pour ces diverses raisons, le travail de R. Le Quillec, bien que dépassant les bibliographies antérieures, est susceptible d'être enrichi et il va de soi que nous appelons les lecteurs à nous signaler sans hésiter tout ce qu'ils n'y trouveront pas.
Je préfère au parti des honnêtes gens de Versailles celui des vaincus de la Commune
Albert THEISZ, lettre du 11 septembre 1871
Cent vingt cinq années de livres et d'articles, alors que " la littérature sur la Commune est surabondante et d'une très grande partialité ", cela représente dans cette bibliographie 2 600 entrées pour plus de 2 000 auteurs de livres et d'articles, plus 200 journaux et revues. La production a été très soutenue dans les années 1871-1875, et ne s'est jamais interrompue. Le centenaire de l'insurrection a vu une nouvelle floraison d'ouvrages, et surtout de brochures émanant pour la plupart de l'extrême-gauche (tous courants confondus), mai 68 étant encore dans toutes les mémoires.
En matière de bibliographie de la Commune, le " DEL BO " a longtemps régné. Certes, il reste indispensable,. et il ne faut pas oublier, n'en déplaise à certains libraires dont les catalogues mentionnent " a échappé à Del Bo... ignoré de Del Bo ", que l'auteur italien n'a pas voulu établir une bibliographie exhaustive, mais simplement (!) dresser l'inventaire de la riche " collection " Feltrinelli. Toutefois, la courageuse tentative de JEAN-LÉO, à Bruxelles, a comblé certains vides de Del Bo, et a prolongé jusqu'en 1970 le recensement des nouveaux titres en y incluant articles de revues et travaux universitaires non publiés. L'année suivante, à l'occasion du centenaire de l'insurrection, Henri DUBIEF a publié une brève " bibliographie commentée " de la Commune.
Et surtout, trois ans plus tard, Eugene W. SCHULKIND a renouvelé le grand ouvre de Del Bo, cette fois avec " l'inventaire " du fonds de la Bibliothèque de l'Université du Sussex, à Brighton, consacré à la Commune. Comme ce fonds est extrêmement riche, et qu'il est constamment enrichi d'acquisitions nouvelles et surtout, ce qui est nouveau, il se complète de photocopies et de microfilms d'ouvrages et de documents des bibliothèques de divers pays. Comme l'ouvrage de Schulkind englobe également journaux, affiches, documents et illustrations diverses, on peut cette fois parler d'une tentative de bibliographie exhaustive.
L'ouvrage qui vous est aujourd'hui présenté n'a pas une telle ambition, ou, tout au moins, a une autre ambition. Il se veut avant tout pratique, pour le collectionneur d'ouvrages sur la Commune (d'où le détail des diverses éditions avec leurs caractéristiques, cf. LAMAZOU), pour le spécialiste, étudiant ou enseignant, d'où les nombreux articles de revue, les mémoires universitaires, et pour le professionnel éditeur ou libarire en butte aux pièges rédactionnels de ses catalogues.
C'est pourquoi a été adopté le strict ordre alphabétique. Le classement par thèmes, choisi par Del Bo et Schulkind, est certes plus satisfaisant pour le spécialiste; mais il n'est pas à l'abri de tout reproche et apparaît parfois bien artificiel. Jean-Léo, comme les auteurs d'importants ouvrages récents qui comportent d'abondantes biographies (Bruhat, Rials, Serman, Soria...), a montré qu'il était possible de suivre l'exemple des dictionnaires. Toutefois, comme correctif, dix-sept rubriques thématiques ont été insérées dans le corps de l'ouvrage, regroupant ouvrages et articles consacrés à un personnage (Rossel, L. Michel, Varlin...) ou à un événement (l'amnistie, la Semaine sanglante...). (cf. liste en fin de cette introduction)
Les quelques 2 600 entrées de cette bibliographie se composent :
- des noms d'auteurs d'ouvrages ou d'articles de revues;
- des titres d'ouvrages anonymes ou à contributions multiples (qui n'ont pas été crédités à un auteur, directeur de la publication; par exemple JELOUBOVSKAÏA);
- des titres des journaux et revues;
- et de trois libraires auteurs de catalogues exceptionnels sur la Commune, d'un éditeur spécialisé dans l'histoire sociale (EDHIS) et de quelques Associations " Amis de Jules Vallès " ou " Amis de la Commune ".
L'ordre alphabétique associe ces trois catégories de A à Z. Quand un livre ou un article est l'ouvre de deux ou de plusieurs auteurs, c'est le nom qui figure en premier sur la couverture de l'ouvrage qui est retenu (par exemple " La Commune " de WINOCK et AZÉMA figure sous le nom de WINOCK). La particule de figure après le nom de l'auteur (), alors que l'article LE ou LA est partie intégrante du nom de l'auteur, comme DU (exemples : LA VAUSSERIE (de), DU CAMP).
Pour les ouvrages anonymes (ou à auteurs multiples) et les journaux (et revues) c'est le premier mot du titre qui est retenu, les articles L', Le, La ou Les étant placés () après ce premier mot (exemples: AMI (L') du Peuple, CHARIVARI (Le), GUËPE (La), MÉMOIRES (Les) du Père Duchêne...)
Pour chaque auteur :
- les livres sont cités dans l'ordre de leur parution, avec les caractéristiques (format, pagination, et, éventuellement illustrations, fac-similés, index, bibliographie...) des différentes éditions. Mais celles-ci ne sont différenciées que si elles s'accompagnent d'un changement d'éditeur, d'un nouveau format ou d'un nombre de pages accru ou diminué, ou d'une autre préface. Quand le nom de l'éditeur n'est suivi d'aucune mention de lieu, il est domicilié à Paris. Les tracts et documents ne comportant qu'une page (recto seul imprimé), comme les affiches (qui bénéficient d'un recueil très complet : " Les MURAILLES Politiques Françaises ") n'ont pu être retenus faute de place.
- les articles sont suivis du nom de la revue qui les a publiés, avec le numéro et la date de parution. Quand il s'agit d'un numéro spécial consacré à la Commune, ne figure que le nom de la Revue, en majuscules (exemples : " EUROPE 51 ", " JALONS "). Il en est de même pour les contributions à un ouvrage à multi-auteurs (par exemple " JELOUBOBSKAÏA ", précité). Les articles émanant d'auteurs de livres déjà mentionnés sont regroupés à la suite de ceux-ci, toujours par ordre chronologique. L'article (ou le seul premier d'une série) est précédé de la mention " Art. "
- les titres des journaux sont suivis de mentions diverses : format, prix, imprimeurs, nombre et dates des numéros parus, ainsi que des noms des directeurs et rédacteurs.
- les illustrations (gravures, dessins, lithographies, caricatures...) sont limitées aux séries titrées; les gravures isolées n'ont pu être retenues compte tenu de leur grand nombre. Ces séries sont généralement présentées sous reliure éditeur avec titre ou frontispice sur feuille séparée. Ont été cependant retenues quelques pièces isolées, du fait de leur auteur (par exemple PROLÈS) ou de l'intérêt du sujet traité.
Une difficulté, commune à toutes les bibliographies mais plus gênante avec l'ordre alphabétique, consiste en la transcription des noms d'auteur et des titres utilisant l'alphabet cyrillique; et accessoirement les lettres accentuées des alphabets polonais, tchèque, serbe et hongrois. En particulier les graphies française et anglaise diffèrent nettement. L'exemple de l'historienne russe auteur de La Commune de Paris est significatif : les éditions de Moscou ont adopté la graphie " Jéloubovskaïa ", tandis que Schulkind transcrit " Zhelubovskaya "; et " notre " " Tchernoff " devient " Chernov " ou " Cernov ". Et nous ne parlons pas des auteurs chinois ou japonais, heureusement très rares.
Cette bibliographie ne peut ignorer les travaux précédents, mais, cent vingt cinq années après la Commune ceux-ci sont étonnamment peu nombreux. On ne dénombre que trois bibliographies générales : DEL BO (complété par JEAN-LÉO) et SCHULKIND, déjà mentionnés, et le précurseur, Albert SCHULZ. Ce dernier, s'il dote son ouvrage d'une " table systématique ", le limite malheureusement aux seuls ouvrages en français et en allemand, et pour la période de 1871 à 1885 (et la Commune n'est pratiquement considérée que comme un appendice de la guerre de 1870).
En dehors de ces trois ouvrages on ne trouve que des bibliographies spécialisées :
- pour les journaux : les trois volumes de Firmin MAILLARD, les deux brochures de LEMONNYER, très précieuses, et l'ouvrage de GAGNIERE.
- pour les illustrations diverses : le très complet BERLEUX et les volumes de GRAND-CARTERET.
Il faut également citer le père O'REILLY, dont les deux ouvrages sont irremplaçables pour tout ce qui touche la déportation en Nouvelle-Calédonie. La Commune est fréquemment mentionnée dans le " Répertoire international des sources... " de la Commission d'histoire sociale et dans la publication de l'Institut Marksizma-Leninizma de Moscou sur " La Presse de la 1ère Internationale et de la Commune... " On peut leur ajouter quelques articles importants de revues, par exemple ARKHIPOV, Lucien SCHELER, H. DUBIEF et SCHULKIND. A signaler tout particulièrement la très précieuse bibliographie de ROUGERI et HAUPT (n° 37 et 38 du Mouvement social) dont je suis redevable pour bon nombre d'ouvrages et articles publiés dans l'ex Europe de l'Est.
Enfin, deux importantes librairies spécialisées en histoire ont publié un Catalogue uniquement consacré à la Commune à l'occasion de son centenaire : CLAVREUIL et MAGIS. Les notices, biographiques, bibliographiques et historiques de ce dernier sont particulièrement précieuses
Sont également très utiles : le Dictionnaire de la Commune de Bernard NOËL, les 6 volumes de la seconde partie (1864-1871) de l'énorme Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de Jean MAITRON, ainsi que les trois catalogues d'Exposition sur la Commune de la Bibliothèque Royale Albert Ier de Bruxelles, du Victoria and Albert Museum de Londres, et du Musée de Saint-Denis.
Liste des regroupements thématiques
L'AMNISTIE n°55
BIOGRAPHIES des hommes de la Commune n°263
Les COLLOQUES n°547
COURBET et la Colonne n°619
La Commune à LYON n°1579
Louise MICHEL n°1703
La Commune de NARBONNE n°1813
NUMÉROS spéciaux sur la Commune n°1852
Les OTAGES n°1874
La grande famille du PERE DUCHÊNE n°1949
Les POSTES sous la Commune n°2018
Les frères RECLUS n°2111
ROCHEFORT n°2198
Louis ROSSEL. Sa vie, ses actes et sa mort n°2217
La SEMAINE sanglante n°2323
Le THÉÂTRE et la Commune n°2439
VARLIN n°2528
ABRAHAM Pierre
Art. - Pourquoi ? EUROPE 1951
Pourquoi Lénine repose-t-il, dans son mausolée de Moscou, dans un drapeau de la Commune de Paris? Réponse dans le premier numéro spécial d'EUROPE sur la Commune qui recherche et illustre quelques unes des réalisations de l'insurrection.
ABUSCH Alexander
Art.. - Le retentissement de la Commune de Paris en Allemagne. EUROPE 1951
Le retentissement en Allemagne du discours d'August BEBEL au Reichstag le 25 mai 1871. Mais Bebel, comme Liebknecht, reculera devant la suite logique du combat de la Commune : la dictature du prolétariat.
(Traduit de l'allemand).
ACCOLAS Emile
- La République et la contre-révolution. Lettre au " Journal de Genève ". 21 avril. (in-8, 54 p.) Lacroix-Verbockhoven (Genève-Bruxelles) 1871
- Ma participation à l'élection de Paris. Droit et liberté. (in-8, 9 p) Imprimerie J. Allemane 1871
Ces deux brochures veulent justifier le choix opéré par l'auteur, opposant républicain à l'Empire qui s'était rallié à la Commune, ce qui le conduira à l'exil. Professeur de droit, Accolas, à son retour d'exil, a publié une série d'ouvrages de vulgarisation dans la collection " le droit mis à la portée de tout le monde ", chez Delagrave, dans les années 90.
ACHARD Amédée
- Souvenirs personnels d'émeutes et de révolutions. (in-12, 335 p.) Michel Lévy 1872
Font suite aux Récits d'un soldat... parus l'année précédente. Un chapitre traite de l'insurrection, rajout de dernière minute à des Souvenirs s'arrêtant à la " journée du 4 septembre ", laquelle représentait déjà le comble de la révolution pour l'auteur. Alors la Commune!... bien que " le règne de ces brutes à face d'hommes n'a duré que deux mois ". Et, en guise de conclusion "les républicains m'ont fait clairement voir que la république était impossible".
ACTES et DOCUMENTS du Comité Centralvoir A. FOUGEROUSSE
ACTES du Colloque Louise MICHEL. (10-11 juin 1980)C.E.F.U.P. (Aix-en-Provence) juin 1980
ACTES du Gouvernement Révolutionnaire de Paris, Décrets, Ordres, Proclamations, Rapports militaires, etc...(parus au Journal Officiel de mars à mai 1871).
(in-4, 120 p.) Supplément de la Revue de France 1872
ACTION (L'). Journal politique quotidien.Paraissant à quatre heures du soir dix centimes.in-f°, 2 pages/6 colonnes Imprimerie Balitout, Questroy et Cie. Rédacteur en chef : A. LISSAGARAY. Autres rédacteurs : H. Maret, Lullier, R. Halt, J. Labour, E. Bazire 6 numéros du mardi 4 avril (14 germinal) au dimanche 9 avril 1871 (19 germinal an 79).
Dans chaque numéro un éditorial de Lissagaray, le premier intitulé A mort !, et une chronique d'Edmond Bazire Têtes de ruraux (les députés de l'Assemblée Nationale). Bien que farouche anti-Versaillais, le rédacteur en chef ne ménage pas ses reproches à une Commune trop timide en matière de réformes sociales.
ACTUALITÉ (L'). " GAILLARD fils " avec une litho couleur 3 numéros : mars (2)-avril (1) 1871
Cette feuille satirique de Gaillard fils ne comporte qu'une lithographie en couleur : Thiers Ier, roi des capitulards (n°1), La Livraison (de l'Alsace-Lorraine, n°2), baptisée également Ce qui les attend !, et A Versailles (n°3, publié sous la Commune et légendé : 1871, la Commune ou la Mort). Cette dernière est reproduite dans DUCATEL ( planche couleur, pleine page).
- Les messieurs de la paix. Supplément de l'Actualité mars 1871
Quatre estampes en couleurs, toutes représentant M. Thiers " le Dompteur ".
ADAM Edmond (Madame, née Juliette LAMBER)
- Mes Angoisses et nos Luttes. 1871-1873. (*) (in-12, 406 p.) A. Lemerre 1906
Femme de lettres, célèbre par son salon réunissant l'opposition républicaine modérée, hostile à la Commune qui détourne les Français de la " Revanche ".
(*) Ce volume est le 5ème de la série Mes Souvenirs qui en comporte 7.
ADAM G.voirDICTIONNAIRE du mouvement ouvrier
ADAMOV Arthur
- La Commune de Paris. 18 mars-28 mai 1871. Anthologie (in-8, 299 p., bibl.) Editions Sociales 1959
Cette anthologie regroupe des textes de Communards et d'anti-Communards; des commentaires de Marx, Engels et Lénine terminent le volume. Sa pièce de théâtre sur la Commune étant toujours en gestation, Adamov avait voulu faire connaître l'insurrection populaire " en utilisant directement les documents ".
- Le printemps 71. Pièce en trois actes, vingt-six tableaux, neuf guignols et un épilogue.
(in-12, 234 p.) Gallimard 1961
Créée à Londres en juillet 1962 et représentée à Saint-Denis en avril 1963, cette vaste fresque (26 tableaux, 15 personnages) est un peu confuse avec sa mise en scène " cinématographique " où interviennent des " guignols " (Bismarck, Thiers...). L'auteur fait agir et parler les acteurs obscurs d'un drame qui n'a pas eu sa vraie place dans l'histoire...
ADLER J.B.
- Die französische Revolution und die Pariser Commune in socialisticher Geschichts-anschauung. (in-16) F. Kupferberg (Mainz) 1899
" La Révolution française et la Commune de Paris dans une perspective socialiste. "
ADOLPHUS F.A.
- Some memories of Paris. (in-12, 308 p.) Blackwood (Edinburgh) 1895
" Quelques mémoires de Paris ". Plusieurs chapitres concernent le Siège et la Commune.
ADORATSKOGO V., ZORKOGO M., ROTSJENA F.
- Pis'ma dejatelej pervogo internacionala v dni kommuny 1871 g. Pervyi Internacional v dokumentach (in-8, 62 p.) Patijnoe izdatel'stvo (Moskva) 1933
- traduction française : Lettres de Communards et de militants de la Ière Internationale à Marx, Engels et autres dans les journées de la Commune de Paris en 1871. Traduit du russe. Présenté et rédigé par Jules ROCHER
- édition originale (in-8, 63 p.) Bureau d'Editions 1934
- autre édition : Des Communards et des militants...
Au total 26 lettres, toutes écrites en 1871 (sauf 2), d'origines diverses : personnalités comme Lafargue, Frankel, Serrailler... ou obscurs militants.
AFFAIRE du mouvement insurrectionnel du 4 avril 1871 à Marseille. Conseil de guerre de la 9ème division militaire, siégeant à Marseille.(n-8, 138 p.)Imprimerie T. Somat (Marseille)1871
AFFAIRE (L') Xavier Raspailvoir RASPAIL X.
AFFAIRE ROSSEL. 3e Conseil de Guerre de Versailles. Rapport, interrogatoires, audition des témoins, réquisitoire, plaidoirie complète de Me A. Joly.(in-8, 52 p.) 1871
Simple sténographie, résumée, du procès de Rossel.
AFFRANCHI (L'). Journal des hommes libres.dix centimesimprimerie Schiller Quotidien. in-f°, 2 pages/6 colonnes24 numéros, du 2 au 25 avril 1871
Rédacteur en chef : Paschal GROUSSET rédacteurs : O. Pain, Vésinier, Barberet, Grandier...
Après l'éditorial de P. Grousset, les actes officiels de la Commune, le Venin réactionnaire de Vésinier (la presse versaillaise), la tribune des travailleurs et les nouvelles. Le journal est contre toute conciliation, pour la lutte à outrance, " rendre oil pour oil, dent pour dent "! Il succède à la Nouvelle République et cessera sa publication par la propre volonté de Grousset, après une polémique avec Rochefort.
AGONIE (L') de la Communevoir PARIS en feu
AINBERG-TAGRIATSKOÏA S.F. (AJNBERG-ZAGRJACKOVA)
Art. - La seconde Affiche rouge. (Adapté par Pierre LEGRAND). Revue des Révolutions contemporaines n°188 mai 1965
Adaptation de l'article Krasnaja aficha.K Predistorii Parizhskoj Kommuny (" L'affiche rouge. Contribution à l'histoire des origines de la Commune de Paris ", 1950). Cette 2ème Affiche rouge est celle du Comité des 20 arrondissements (devenu " Délégation communale ") placardée dans la nuit du 5 au 6 janvier 1871. A compléter par Lettres de Paris assiégé, 1870-1871, du même auteur (en russe), 1956. La " première Affiche rouge " du même Comité date de la nuit du 13 au 14 septembre 1870.
A l'ASSEMBLÉE Nationale et à la Commune de Paris. Citoyens, délégués du Conseil municipal de Lyon. (Signé : Barodet, Crestin, Ferrouillat, Outhier, Vallier, Conseillers municipaux de Lyon, délégués). (in-4, 3 p.) Imprimerie Balitout, Questroy et Cie(1871)
Une proposition de médiation entre Paris et Versailles, mais uniquement en faveur de la Commune.
ALATRI Paolo
Art. - Répercussions et conséquences de la Commune en Italie. VOICI
L'auteur est professeur d'histoire à l'Université de Messine. Le jugement porté sur la Commune a divisé le parti démocratique italien de l'époque et précipité une crise permettant le développement du premier socialisme italien.
ALAVOINE André, ANDIGNOUX, LEFRANÇAIS G.
- Les Proscrits français et leurs calomniateurs. Compte-rendu des démarches vainement entreprises par un groupe de Proscrits de la Commune pour exercer des poursuites judiciaires contre les sieurs Andrieux, L. Royer et consorts. (in-16, 38 p.) Imprimerie A. Alavoine (Genève) 1880
Cette brochure répond aux attaques du ministre de la justice Le Royer et du préfet de police de Paris Andrieux qui s'efforçaient d'empêcher le vote par le Parlement de l'amnistie générale de plus en plus souhaitée par la population. Alavoine, 23 ans en 1871, fut délégué du IVe au Comité Central de la Garde Nationale et sous-directeur de l'Imprimerie Nationale sous la Commune. Réfugié à Genève, il collabora au Révolté journal libertaire.
ALAZAR Ildefonse (R.P.)
- Biographie et Mémoires du frère Marin Fouquet, religieux convers de la Congrégation des Sacré-Cours, dite " de Picpus ". Souvenirs du Siège et de la Commune de Paris 1870-1871. (in- , 168 p.) Bureau des Annales des Sacré-Cours (Braine-le-Comte) 1913
Cet ouvrage est le premier (alphabétiquement) de la centaine de publications consacrées au sort de l'Eglise parisienne sous la Commune. Même la Belgique a connu une floraison d'ouvrages religieux anti-communards, en réaction aux commémorations de la Commune par le mouvement ouvrier belge.
ALBERT Charles
- Les orateurs des réunions publiques de Paris en 1869, compte-rendu des séances publié par Ch. Albert avec le concours d'une société de citoyens communistes et de socialistes habitués des assemblées populaires. s.l.s.d.
Cette brochure montre l'esprit " précommunard " de l'extrême-gauche parisienne à la fin de l'Empire. Les futurs leaders de la Commune commencent à s'affirmer dans les clubs qui se multiplient dans la capitale.
ALBERT Pierre
- Histoire de la presse politique nationale au début de la IIIe République, 1871-1879. 2 vol. in-8 Tome Ier Atelier de Reproduction des thèses (Lille) Diffusion H. Champion 1980
- La Conquête de la liberté de la Presse et l'affirmation de la puissance des journaux (1871-1880) (Histoire Générale de la Presse française, dir. C. BELLANGER), tome III : 1871-1940 3ème partie, chapitre II, pages 149-238
Cet important chapitre de l'Histoire générale dirigée par Henri Bellanger (qui sera développé dans la thèse précitée) fait suite à l'étude de Pierre GUIRAL dans le tome précédent. La période est dominée par le souvenir de la Commune et la lutte pour l'amnistie.
ALBERT-SOREL Jean
Art.. - Un drame de la Commune : le procès de Louis Rossel. (Illustré ). Les Annales n°175 mai 1965
ALBOUY Pierre
Art. - Victor HUGO et la Commune. La Pensée n°35 mars-avril 1951
- Le mythe de Paris et la Commune. " Mythographies " Corti 1976
ALBUM de l'Ile des Pins. Paraissant tous les samedis (puis tous les mercredis) diverses imprimeriesDirecteur gérant : Léonce ROUSSET (n° 1/13) et Théophile BERGES, Joseph PICON dit Charles PAGES (à partir du n°14) gd in-4, puis pt in-f°, illustré 40 centimes 45 numéros : ler juillet 1878 - 14 mai 1879 rédacteurs : V. Cosse, Guérite, L. Barron, L. Rousset, Zuber, Th. Bergès...Uro (Nouvelle-Calédonie)
Les dernières années de leur séjour, les déportés " simples " purent publier de petits périodiques. Ce journal, très illustré par J. Loth et Geoffroy, qui est la reprise d'un éphémère premier Album, a comporté de nombreux " Suppléments ", et même un " Calendrier " en 1879. (BRÉCY, infra, a consacré la page 168 de son ouvrage à cet album).
ALBUM des Deux Sièges de Paris, 1870-1871. Croquis militaires par E. HUSSENOT.
(in-f° obl., 50 feuilles, table, carte). 1872
ALBUM du " Figaro " (in-4 obl., illustré) Le Figaro 1875.
Nombreuses illustrations, dont 12 planches (36 gravures couleurs) de BERTALL, de la série des Communeux.
ALBUM photographique des ruines de Paris. Collection de tous les monuments et édifices incendiés et détruits par la Commune de Paris. Accompagnés de notices historiques et descriptives sur chaque sujet.
(in-24 oblong, 20 planches) Librairie rue Visconti 1871
ALEKSEYEVA M.N., MANEVICH S.M.
Art.- - Revolyutsionnye listovki i broshyury perioda Parizhskoy Kommuny. Novaya i noveyshaya istorya vol.5 1961
" Les brochures et pamphlets révolutionnaires pendant la Commune. "
A.L.G.
- Ce que veut Paris, ce que veut la France. (in-f°, 2p.) Typographie Rouge (1871)
Adresse à la Commune afin qu'elle fasse appel " à la France, au monde ", pour forcer Versailles à la conciliation.
ALIX (le chevalier d') (pseudo du comte Jean-Théodore de BUTLER)
- Dictionnaire de la Commune et des Communeux.
- 1ère édition 1er mai 1871
- 2ème édition (in-16 carré, IV-79 p.) A. Thoreux (La Rochelle) 11 mai 1871
Brochure réactionnaire sans aucun intérêt, assemblage de ragots, biographies(?) et définitions qui se veulent satiriques (par exemple " AVOINE : Membre de la Commune chargé sans doute de nourrir ses collègues "). Il n'est pas surprenant que la suite annoncée n'ait jamais vu le jour.
Art. ALLEMAGNE (L') et la Commune, 1871. Relations de l'armée allemande avec la Commune. La Revue Rétrospective 1884
ALLEMANE Jean
- Mémoires d'un Communard. Des barricades au bagne.
- édition originale (in-16, VIII-527 p.) Librairie socialiste J. Allemane (1906)
- réédition. Introduction, notes et postface de Michel WINOCK. (in-8, 574 p.) " Actes et mémoire du Peuple " F. Maspero 1981
Un des " classiques " de la littérature communarde par un membre actif de l'insurrection, 28 ans en 1871, délégué-adjoint à la mairie du Ve arrondissement, président du Conseil de la Ve Légion, et futur député du XIe après l'amnistie. Les deux tiers de l'ouvrage sont consacrés à la prison, au procès et au séjour de l'auteur au bagne de la Nouvelle-Calédonie avec les " droits communs ". Il attendra sept ans pour revoir son frère François interné à Ducos, à moins de deux kilomètres de l'île Nou ! (Cf. la thèse de REYNOLDS et l'article de M. WINOCK). L'ouvrage a été préalablement publié dans le journal L'action.
- Mes Chansons. (Bergerac) 1926
Allemane avait cessé toute activité militante quand il a rassemblé quelques poèmes, dont certains inspirés de son séjour à l'île Nou.
Art. - Réponse au questionnaire... REVUE BLANCHE
En 1897 la Revue Blanche publie les témoignages des participants et des témoins de la Commune sous le titre ENQUÊTE sur la COMMUNE de PARIS; voir ce titre. Le 18 mars a été voulu par Thiers; l'affaire a mal tourné, mais les Communards, " trop quarante-huitards " ont permis aux Versaillais de réparer leur erreur.
ALLISON John M.S.
- Thiers. 1932
Un regard " extérieur " sur un personnage controversé.
ALLIX Jules
- Socialisme pratique, la Commune sociale. Ordre du jour de Belleville. 1869
- La Commune de Paris. Au peuple. La Commune de Paris. Manifeste social pour la
démocratie de Paris. Par Jules ALLIX. (in-f°, 2 p.) Imprimerie Tallet-Chatelain (18 mars 1871)
Ces deux ouvrages font partie d' une abondante production d'Allix, emprisonné ou interné avant, pendant et après la Commune. Le second avait pris la forme d'un journal sous-titré Liberté-Egalité-Fraternité. République sociale tiré à 200 000 exemplaires (un unique numéro). Elu du VIIIe arrondissement, il sut cependant gérer convenablement cette circonscription et militer courageusement pour la défense de la condition féminine.
ALLNER Michel
- Les jacobins dans la Commune de Paris. Thèse de 3ème cycle (dir. M. PERROT) Université de Paris VII 1976
(The Jacobins in the Paris Commune of 1871. PhD. Columbia University 1978)
Art. - Les Communeux jacobins : héritage idéologique et exercice du pouvoir révolutionnaire. Mouvement Social n°117 octobre-décembre 1981
Cet article développe un aspect de la thèse précitée : les Communeux jacobins représentent un groupe politique charnière qui, loin d'être statique, a évolué avec les générations de Parisiens. Les aspirations contradictoires, l'hétérogénéité de leur groupe expliquent l'incohérence de leur programme social.
ALMÉRAS Henri d'
- La Vie Parisienne sous le siège et sous la Commune.
- édition originale (in-8, 541 p., illustré) Albin Michel 1927
- réédition fac-similé " Cercle du Bibliophile " (Edito-service, Genève) s.d.
Tome VI et dernier de la Vie parisienne dans l'histoire. Anecdotique et très hostile à la Commune. Très nombreuses gravures, photos, illustrations diverses, hors-texte. Un exemple parmi beaucoup d'autres : " Ce poignard avait appartenu à une cantinière de la Commune. Elle s'en servait pour achever les blessés "!
ALONE F.
- Les vaincus victorieux. (" La vengeance de Pierre "). (in-12, 313 p.) Sandoz & Fischbacher 1875
Recueil de nouvelles ayant pour cadre la Commune et ses lendemains.
ALTMAN Vladimir Vladimirovitch
Art. - P.L. Lavrov i Parizhskie Kommunary. Iz arkhiva P.L. Lavrova. EUROPA v novoe i noveishee vremya. Sbornik syapey pamyati N.M. LUKINA. Nauka (Moskva) 1966
" Lavrov et la Commune de Paris. D'après ses archives "
AMBERT Joachim (général baron )
Gaulois et Germains. Récits militaires. 4 vol. in-8, portraits h.t. Bloud & Barral (1885)
Tome IV : Le Siège de Paris. 1870-1871. (XVI-523 p.)
La Commune figure en Epilogue et occupe les 125 dernières pages. C'est le point de vue du militaire, méprisant les civils qui se prennent pour des soldats (il dénonce " la maladie du galon " des officiers parisiens!), avec tous les lieux communs habituels : le complot de l'Internationale, les " dépêches parfois bouffonnes des gens de la Commune ", les pillages d'églises, " le pétrole ". Et, pour couronner le tout cette affirmation : " Mac-Mahon évite l'effusion du sang le plus possible ", mais il ne s'agit que du sang de l'armée versaillaise ! En bon militaire, il minore l'ampleur de la répression où " il y eut, en somme, plus d'indulgence que de sévérité "!!! malgré les 310 000 dénonciations des Parisiens sans pitié.
AMBULANCES (Les) de la Presse, Annexes du Ministère de la Guerre, pendant le Siège et sous la Commune. 1870-1871. (gd in-8, 373 p., illustré, plan h.t.) Marc et Baillière fils 1872
Sous la Commune, le docteur Rastoul, élu du Xe arrondissement, fut chargé de l'inspection générale des Ambulances et le docteur Rousselle fut désigné par Cluseret comme Directeur général. Ce dernier s'attira la haine de la réaction en " laïcisant " les Ambulances parisiennes.
AMELINE Ernest
- Mai 1871. Le Cercle de la Rue Royale pendant la bataille. Journées des 21, 22, 23 et 24 Mai par E.A (in-12, 62 p.) Imprimerie J. Claye 1872
Poème sur les premières journées de la Semaine Sanglante par un bourgeois royaliste effrayé par les chants des Communeux qui occupent son cercle : " Ça ira, la Carmagnole... " (Cf. le récit de Berthaudin, infra, sur le même sujet).
AMELINE Henri
- Dépositions des Témoins de l'Enquête Parlementaire sur l'Insurrection du 18 Mars. Classées et résumées par Henri Ameline, Ancien Auditeur au Conseil d'Etat. E. Dentu 1872 3 volumes in-12
- tome 1 (417 p.)
- tome 2 (455 p.)
- tome 3 (254 p.) Revue pratique du droit français
Dépositions " résumées et classées " par un juriste, ancien auditeur au Conseil d'État qui était secrétaire de la Commission d'Enquête, sans commentaires personnels. Une longue préface détaille les modalités et la composition de la Commission (30 membres dont 11 rapporteurs), ainsi que la liste des 63 témoins. La presque totalité du 3ème volume est consacrée à un développement sur l'Internationale.
AMI (L') du Peuple
Quotidien 4 numéros du 23 au 29 avril 1871 5 centimes Impr. Dubuisson
- n° 1-2 8 pages 18x26 cm Impr. A. Vallée - n° 3-4 2 pages in-f° Rédacteur en chef : Auguste VERMOREL.
Journal de tendance proudhonienne selon DEL BO. Peut-être successeur du défunt " Ami du Peuple de Marat " (ci-dessous); plus qu'un véritable journal c'est un compte-rendu de mandat par Vermorel à ses électeurs.
AMI (L') du Peuple de Marat. 1792-1871.
in-f°, 2 pages Imprimerie A. Vallée un numéro s.d. (14 mars 1871)
Publié en réaction au décret Vinoy du 11 mars, ce journal ne contient que des extraits du journal de Marat " pour flageller les ennemis de la République ".
AMICIS Edmond de
- Ricordi del 1870-1871. (in-8) (Firenze) 1882
AMIGUES Jules
- La France à refaire. Tome Ier : la Commune. Dédié aux ouvriers et aux bourgeois.
(in-8, 48 p.) Lachaud 1871
Ce tome Ier est le seul paru; bien qu'annoncés, les tomes II : La province, et III : L'État, n'ont jamais été publiés. Ce texte paru préalablement en novembre 1870 dans le Soir. Ce fervent bonapartiste a éprouvé des sentiments mitigés pour la Commune, " curieux mouvement, à la fois révolutionnaire et municipaliste... "
- Epître au peuple. Comment l'Empire reviendra. (in-8) Amyot 1872
Ecrivain-journaliste, Amigues pendant la Commune fait partie du " Comité de l'Union Nationale du Commerce et de l'Industrie " qui tente la conciliation entre Paris et Versailles. Comme son maître l'empereur, Amigues veut lutter contre le paupérisme. Il espère rallier les vaincus de la Commune dans sa lutte contre la République modérée.
- Louis Rossel. Papiers posthumes voir ROSSEL
- Les aveux d'un conspirateur bonapartiste. La guerre et le 4 septembre. Histoires d'hier pour servir à l'histoire de demain. (in-12, XI-343 p.) Lachaud & Burdin 1874
L'auteur s'est battu avec acharnement pour sauver Rossel. Dans ce dernier ouvrage où il relate ses efforts en faveur de la conciliation, il revient sur l'éphémère Délégué à la guerre, et consacre un chapitre aux " négociations " sous la Commune.
- Rossel. Lettre à M. Saint-Genest sur le prétorianisme. (in-8, 18 p.) 1875
Nouveau retour sur Rossel dans cette controverse avec Saint-Genest.
AMIS de la CommunevoirASSOCIATION des Amis de la Commune
AMIS (Les) de Jules VALLÈS. Revue de lectures et d'études vallésiennes.
Revue de l'Association Les Amis de Jules Vallès. Secrétaire-général : Roger BELLET
2 numéros par an. Numéro 1 : décembre 1984 Université de Saint-Etienne
Revue principalement littéraire; mais la personnalité de Vallès fait que de nombreux articles concernent la Commune, ses personnages et son histoire (dernière parution : n° 23, février 1997).
AMNISTIE (L')
AMNISTIÉS (Les) de la Commune. L'Intermédiaire... vol. LIX p. 275 et 405
ASSOLANT Amnistie! Plaidoyer pour l'amnistie. Périnet 1879
CEUX qui reviennent... Dossier des amnistiés. Le Gaulois 1880
CHARPENTIER (bâtonnier) L'Amnistie de 1880. Art. Revue des Deux Mondes 1950
DESSAIGNE A propos de l'amnistie...Tolmer 1880
JOURNAL des Amnistiés. septembre 1880
MALAPERT L'amnistie. Lettre à Mgr Dupanloup. Le Chevalier 1871
PAIN Olivier L'amnistie pour les insurgés arabes. F. Debon 1880
PASSEMAR Textes journalistiques parus lors de l'amnistie et après.
Art. Amis de J. Vallès 1992
PÉRIN Georges L'amnistie devant le Parlement... Wittersheim 1876
PRINCIPAUX (Les) amnistiés du 14 Juillet 1880. Le Parisien Illustré 1880
14 JUILLET Journal exceptionnel vendu au bénéfice des Amnistiés. 1880
RASPAIL F.X. De la nécessité de l'amnistie. Editeur de F.R. 1876
L'affaire F.X. Raspail... Ibid. 1876
RENARD Jules Edouard Lettres inédites d'un amnistié. (Amiens) 1880
AMNISTIÉS (Les) de la Commune. L'Intermédiaire...Vol. LIX p. 275 et 405
AMODRU (abbé L.)
- La Roquette. Hommage à N.D. des Victoires et souvenir affectueux à tous mes chers compagnons d'infortune. Journées des 24, 25, 26, 27 et 28 Mai 1871.
- lère édition (gd in-8, 48 p + fac-sim.) Laroche (Paris)/Veuve Casterman (Tournai) 1871
- 6ème édition (in-8, 80 p., f.s.)
- id° - 1871
- 17ème édition. Revue, considérablement augmentée, enrichie de planches et de documents historiques inédits. (in-8, XV-436 p., illustré)
- id° - (Paris/Tournai) 1877
- 20ème édition (in-8, XVIII-496 p., f.s., carte h.t.) Lecoffre 1887
- Appendice à la Roquette. Nouveaux renseignements sur l'abbé Petit. Divers documents sur M. Plou, Crépin, M. l'abbé Lisiscki, M. l'abbé Lagarde. Détails inédits.(gd in-8, VIII-47 p.) Lecoffre 1889
- Annales de Notre-Dame des Victoires publiées en 1871 et 1872 par l'abbé Laurent Amodru, avec un supplément renfermant des documents inédits sur le siège et la Commune Lecoffre 1881
Par un vicaire de N.D. des Victoires, emprisonné à la Roquette. Un des best-sellers, avec l'ouvrage de l'abbé Lamazou (voir infra), de l'histoire de l'Eglise sous la Commune. Plus de 20 éditions, passant de moins de 50 à près de 500 pages, avec deux volumes supplémentaires parus par la suite.
AMOUROUX Charles et PLACE Henri
- L'Administration et les maristes en Nouvelle-Calédonie. Insurrection des Kanackes en 1878-1879.
- lère édition
- 2ème édition revue et augmentée (in-12, 177 p.) Périnet (1881)
Charles Amouroux, 28 ans en 1871, membre de l'Internationale et du Comité Central de la Garde Nationale, élu à la Commune par le IVe arrondissement, déporté en Nouvelle-Calédonie, s'est engagé pour participer à la répression de la révolte canaque. (Cf. l'article de BAGACHE, supra). Il sera élu conseiller municipal de Charonne en 1881, puis député de la Loire en 1885, mais il meurt quelques mois plus tard.
ANCIEN PROSCRIT (Un)
- La Vérité sur la Commune. (gd in-8, 423 p., illustrations h.t.)
Administration des Publications Illustrées Républicaines (1880)
Histoire très détaillée de la Commune, des origines à la Semaine Sanglante, par un acteur anonyme.
ANDABRI Cyrille Emile-Victor Duval ouvrier fondeur, général de la Commune.
(in-8, 39 p.) " Ils servirent le peuple " Ed. Le peuple prend la parole s.d.
ANDRÉ LÉO (pseudo de Léodile CHAMPSAIX)
- La Femme et les Mours. Liberté ou Monarchie.
- édition originale 1869
- réédition (in-12, 166 p.) Editions du Lérot 1992
- La Guerre sociale. Discours prononcé au Congrès de la Paix à Lausanne. (in-8, 39 p.) Imprimerie G. Guillaume fils (Lausanne) 1871
André Léo a consacré toute son activité journalistique à la défense des droits des femmes et à leur émancipation politique qu'elle ne croît possibles que par le socialisme. Elle sera co-fondatrice de la Société de revendication des Droits de la Femme et du journal La Sociale (voir infra). Après la Commune, elle s'enfuira en Suisse où elle militera aux côtés de Benoît Malon.
- Simples questions sociales, suivi de B. MALON : La Grève des Mineurs. (in-8, 45 p.) Comité de propagande socialiste de Saint-Imier (Suisse) 1872
Brochure écrite en collaboration avec BAKOUNINE, LEFRANCAIS et SCHITZGUEBEL, avec un poème de Benoît MALON. (Cf. l'excellent article d'Inge TRYML, La Commune, n°16).
- La Commune de Malempis. (Conte) (in-12, 91 p.) Libr. de la Bibliothèque démocratique 1874
- André Léo, une journaliste de la Commune. (in-12, 80-16 p., illustré) Editions du Lérot 1987
Numéro spécial du " Lérot rêveur " consacré à un dossier de l'Association André Léo, sur cette " oubliée par l'histoire ". Un long développement sur " une journaliste dans la Commune ". L'ensemble est riche de nombreux documents et d'une " bio-bibliographie ".
Un hommage a été prononcé le 19 octobre 1991 au cimetière d'Auteuil sur la tombe d'André Léo après qu'une gravure ait été inscrite sur la pierre tombale où ne figuraient que les noms de son mari, Pierre-Grégoire Champseix, et de ses fils, André et Léo. Les travaux ont pu être effectués grâce à une souscription à laquelle ont participé diverses associations et des particuliers. Voir le numéro 12 du Bulletin de 1992 de la Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle.
ANDRÉ Marie
Art. - En mai (1871), des jours d'épouvante. Ecclesia n°110 1958
Les otages religieux et leur exécution dans les journées de mai.
ANDRÉ Michel
- La loi municipale du 14 avril 1871. D.E.S. (dir. GIRARD) 1967
Il s'agit de la loi votée en toute hâte par l'Assemblée Nationale pendant la Commune, qui fixera le régime municipal du pays (avec un chapitre spécial pour Paris) jusqu'à la loi de 1881.
ANDRÉOLI Emile
- Le gouvernement du 4 septembre et la Commune de Paris. Documents officiels pour servir à l'Histoire des deux sièges. (in-16, XX-370 p.) A. Bocquet 1871
Précieux recueil de textes. Le plus souvent sans commentaires, sauf contre le Gouvernement de la Défense Nationale, " les impuissants, dont les fautes ont amené la Commune. "
ANDRIEU Jules
- Notes pour servir à l'histoire de la Commune de Paris en 1871. Par Jules Andrieu, Ex-chef du personnel de l'administration communale de Paris, Ex-membre de la Commune de Paris... (Edition établie par Maximilien RUBEL et Louis JANOVER).
- édition originale (in-12, XL-263 p.) Payot 1971
- réédition (in-12, 268 p.) Spartacus 1984
Il a fallu attendre le centenaire de la Commune pour voir publier, dans la " Petite Bibliothèque Payot ", ce précieux ouvrage d'Andrieu, 33 ans en 1871, écrivain et journaliste, membre de la Commune, (Délégué aux Services publics) où il fit partie de la minorité. Le titre volontairement modeste ne peut cacher la richesse de ces " Notes ", commencées avant le 18 mars et continuées en exil à Londres.
Art. - The Paris Commune. A chapter towards its theory and history.
Fortnightly Review Vol.10 1871
Unique texte contemporain d'Andrieu, réfugié en Angleterre à la fin des combats.
ANDRIEUX Louis
- La Commune à Lyon en 1870 et 1871. (in-12, 297 p., index) Librairie Académique Perrin 1906
Souvenirs très partiaux, et très personnels - il s'attribue toujours le beau rôle - d'un des acteurs principaux de l'insurrection de Lyon où il fut Procureur de la nouvelle République. Le futur préfet de police de Paris (cf. ses " Souvenirs. ", Rouff, 1885) fut un adversaire acharné de l'extrême-gauche lyonnaise.
- A travers la République. Mémoires. (in-8, 359 p.) Payot 1926
Au début de ce livre, sur une centaine de pages, l'auteur revient sur " La Commune à Lyon en 1870 et 1871 ". A Lyon l'insurrection débuta plus tôt et se prolongea plus longtemps qu'ailleurs, mais sa fin devança de plus d'un mois celle de la Commune de Paris.
Art. - Réponse à l'Enquête... La REVUE BLANCHE
Courte réponse, en dix lignes : ayant combattu la Commune, il n'est pas encore sûr de pouvoir en parler avec impartialité. (Il ne s'en privera pourtant pas dans ses ouvrages ultérieurs).
ANGLADE Jean
- L'abîme social vu pendant les deux Sièges de Paris. (in-12, XI-216 p.) Curot 1871
Le titre même est révélateur du contenu de l'ouvrage..
ANGLAIS (Un) à Paris. Notes et Souvenirs. Traduit de l'anglais par J. HERCÉ. (*)2 vol. in-12Tome II : 1848-1871(369 p., index)Plon-Nourrit 1894
(*) "An Englishman in Paris" fut attribué lors de sa parution à Londres en 1892 à sir Roger WALLACE. Mais Schulkind se prononce, comme d'autres historiens, en faveur d'Albert Dresden VANDAM
Les cent dernières pages concernent le Siège et la Commune. Récit d'un neutre, plutôt conservateur.
ANGOT Albert
Nos ruines. (in-18, Douniol 1871
ANGRAND Pierre
Art. - Un Episode de la répression versaillaise : l'Affaire Tribbels (mai-octobre 1872) La Pensée n&